Le plumage noir iridescent du dinosaure microraptor en faisait un séducteur

Les plumes du microraptor, petit dinosaure à quatre ailes, ont peut-être été d’un noir iridescent. Il s’agit du premier dinosaure dont les scientifiques ont pu reconstituer cette caractéristique de son plumage à partir d’un fossile mis au jour en 2003.

Le plumage noir iridescent du dinosaure microraptor en faisait un séducteur

Ce dinosaure gros comme un pigeon vivait il y a environ 130 millions d’années. Ses plumes avaient très certainement des reflets noirs et bleutés comparables à celles d’un corbeau. L’animal qui se nourrissait d’insectes passait le plus clair de son temps dans les arbres de ce qui est aujourd’hui le nord-est de la Chine.

L’iridescence est très répandue aujourd’hui dans la nature. De nombreux insectes, papillons, poissons et oiseaux doivent leurs couleurs flamboyantes à ce phénomène optique qui repose sur une organisation très particulière des cellules pigmentaires. Ainsi la surface paraît changer de couleur selon l’angle de vision.

« Cette étude donne un regard sans précédent sur l’apparence de cet animal quand il était vivant »,

souligne Mark Norell, président de la section paléontologie du Musée américain d’Histoire naturelle et un des auteurs de l’étude parue dans la revue américaine Science.

« Les oiseaux modernes se servent de leurs plumes colorées pour beaucoup de choses allant de la thermorégulation, au camouflage, en passant par la séduction. Cette découverte montre que l’iridescence des couleurs était déjà importante pour la séduction relativement tôt dans l’évolution »,

explique Matt Shawkey, professeur de biologie à l’Université d’Akron (Ohio, Nord), également co-auteur de l’étude.

« Un grand nombre d’hypothèses ont été avancées pour expliquer comment les plumes de ce microraptor étaient orientées et si elles formaient une surface portante permettant de voler ou si elles servaient seulement à séduire. Non seulement nous avons pu déterminer la couleur de cet animal mais aussi le fait que ce microraptor, à l’instar de nombreux oiseaux modernes, se servait de la couleur de ses plumes pour donner des signaux visuels aux autres membres de son espèce »,

explique Mark Norell.

Les chercheurs ont, grâce à des microscopes électroniques, analysé la forme des mélanosomes à l’intérieur desquels sont fabriquées les mélanines, des pigments protégeant la peau des radiations solaires, et en déduire ainsi les couleurs produites. En comparant ces mélanosomes avec ceux d’oiseaux modernes, les chercheurs ont pu déduire celle des plumes du microraptor. C’est l’empilement de ces organites qui provoque le phénomène d’iridescence. La structure des plumes caudales a également pu être analysée. Le microraptor en possédait deux dont le rôle, ici encore, était ornemental.

Les chercheurs soulignent également l’importance du fossile de ce microraptor. Il représente très clairement une transition entre les dinosaures et les oiseaux dont il a beaucoup de traits morphologiques. Les caractéristiques uniques des ailes de ce microraptor permettent également de comprendre l’origine du vol. Des dinosaures, il a les dents, la forme des pattes avant et sa longue queue osseuse et étroite.

Le plumage noir iridescent du dinosaure microraptor en faisait un séducteur

« Fort des nombreuses découvertes de fossiles d’oiseaux et de plantes à fleurs, nous savons que le Crétacé (moins 145,5 millions d’années à moins 65,5 millions d’années) était un monde coloré, et maintenant nous savons aussi que le microraptor avait des couleurs nacrées. Il y a encore peu d’années, il était inconcevable d’imaginer de faire des recherches comme celle-ci »,

souligne Ke-Qin Gao de l’Université de Pékin en Chine, autre auteur de l’étude.

Galerie de photos du microraptor

Cette galerie contient 4 photos

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