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Cannabis monopole d’Etat : l’Uruguay légalise la production et la vente de cannabis

L’Uruguay vient de voter une loi régulant la production et la vente de cannabis. L’initiative, une première mondiale, portée par le président de gauche Jose Mujica, a été votée mardi soir par le parlement.

Cannabis monopole d’Etat : L’Etat uruguayen devient le premier pays à contrôler toute la chaîne de production et de consommation du cannabis

Cette loi confère à l’Etat uruguayen la mainmise sur la culture et la vente du cannabis à des fins récréatives. Elle va au-delà des expériences menées dans les Etats américains du Colorado et de Washington, aux Pays-Bas ou en Espagne, qui autorisent ou tolèrent la production de cannabis dans un cadre privé.

A l’issue de 12 heures de débat au Sénat, la loi a été approuvée par 16 voix sur 29, grâce aux seuls suffrages des sénateurs membres du Frente amplio (gauche, au pouvoir), dans la foulée des députés ayant déjà voté le texte en juillet. Si la constitutionnalité de la loi est confirmée, et après signatures des décrets d’application, sa mise en oeuvre n’interviendra au plus tôt qu’en avril 2014. L’Etat a 3 mois pour établir un comité de contrôle chargé d’édicter les règles en matière de culture, de fixation des prix et de suivi de la consommation.

L’annonce du vote a été accueillie par une salve d’applaudissements provenant des rangs du public alors que plusieurs centaines de partisans en liesse étaient rassemblés aux abords du Palais législatif, à Montevideo, pour célébrer «le grand jour», dans une forte odeur de cannabis et de feux d’artifices. La loi n’est pourtant pas soutenue par la population qui la rejette à plus de 60%. Elle est également critiquée par l’opposition, certains professionnels de santé et par des pharmaciens.

Une alternative pour lutter contre les trafics

Cette loi s’inscrit dans une série de textes votés ces derniers mois en faveur de la défense des droits individuels comme la légalisation de l’intervention volontaire de grossesse ou du mariage homosexuel.

Présentée comme une alternative aux politiques répressives pour lutter contre le narcotrafic, à la dépendance aux drogues dures et comme un impératif de santé publique, ce texte vise également à en terminer avec une «grotesque incongruité juridique», selon les termes d’un sénateur : en Uruguay, l’usage de cannabis n’est pas puni, à l’inverse de sa culture et de sa vente.

«Il existe beaucoup de doutes. Et le doute est légitime, mais le doute ne doit pas nous paralyser pour emprunter de nouvelles voies face à un problème qui nous affecte»,

avait justifié le président Mujica, à une télévision locale.

La loi prévoit trois modes d’accès au produit : l’auto-culture, la culture dans des clubs de consommateurs et la vente en pharmacie, sous contrôle public (40 grammes maximum par mois). Toute publicité sera interdite et les cultivateurs ou consommateurs – des résidents obligatoirement majeurs- devront s’inscrire sur un registre national.

Mener une expérience pour le monde

Le président uruguayen José Mujica

Le cannabis représente 70% de la consommation de drogues en Uruguay, et son usage s’est largement répandu ces 10 dernières années. Les autorités évoquent le chiffre de 128 000 usagers, contre 200 000 selon les associations de consommateurs.

L’idée de cette première mondiale a été lancée il y a un an et demi par le président Mujica, 78 ans, ex-guérillero torturé sous la dictature (1973-1985) élu fin 2009 à la tête de ce pays de 3,3 millions d’habitants et connu pour son pragmatisme et son style de vie modeste. Assurant mener une expérience pour le monde, le chef de l’Etat avait appelé ce week-end la communauté internationale à appuyer l’initiative, étant déjà soutenu par un groupe d’ex-présidents latino-américains.

Le gouvernement, qui a lancé la semaine dernière une campagne sur les dangers de «toutes les drogues», présente la loi comme un moyen de réduire les risques liés à la consommation de stupéfiants.

Les partis d’opposition ont déclaré vouloir travailler à l’abrogation de cette lors de la prochaine législature. Des élections générales sont prévues en 2015.

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Un Commentaire

  1. Apparemment, cela ne commence pas aussi bien que prévu : la production par l’Etat ne pourra pas se faire avant 2015…
    Toutefois, l’initiative est intéressante, il faudra voir ce que cela donne sur le long terme ! En tout cas, ça ne peut pas être pire que la « Guerre à la Drogue » de Nixon…

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