Cannabis

Fumer du cannabis expose au risque de cancer du testicule

La consommation de cannabis expose les hommes à un risque accru de développer la forme la plus agressive de cancer du testicule. Cela concerne tout particulièrement les gros consommateurs et les consommateurs de longue durée. Cette étude est publiée dans la version en ligne du journal médical Cancer daté du 9 février1.

CannabisPour cette étude, 369 hommes âgés de 18 à 44 ans diagnostiqués d’un cancer des testicules ont été recrutés. Ils ont été interrogés sur leur usage de marijuana (fleurs séchées). Les chercheurs ont également interrogé un groupe de contrôle de 979 hommes en bonne santé et évalué leur consommation de marijuana.

Les chercheurs ont observé qu’être fumeur de cannabis au moment du diagnostique augmentait le risque de cancer du testicule de 70%. Ce risque était particulièrement élevé (deux fois supérieur par rapport aux gens qui n’avaient jamais fumé) pour les personnes qui consommaient au moins une fois par semaine ou les consommateur de longue date qui avaient commencé à fumer durant leur adolescence.

“Nos travaux ne sont pas les premiers à laisser penser que certains aspects du mode de vie ou l’environnement présentent un risque de cancer des testicules mais c’est la première fois qu’une étude analyse le lien entre la consommation de marijuana et ce cancer”,

a déclaré le Dr Stephen Schwartz, épidémiologiste du Fred Hutchinson Cancer Research Center à Seattle (nord ouest des Etats-Unis), principal auteur de cette recherche.

Les résultats conduisent aussi à penser que la consommation de cannabis pourrait être spécifiquement lié au développement de tumeurs des testicules dites germinales non-séminomateuses (voir encart ci-dessous). Cette forme très agressive frappe les hommes entre 20 et 35 ans et compte pour environ 40% de tous les cas de cancer des testicules, qui reste très rare même si les cas augmentent depuis ces dernières décennies.

La forme la plus commune (séminomateuse) évolue plus lentement et touche les hommes dans la trentaine et la quarantaine.

Depuis les années 1950, l’incidence des deux principales formes de cancer des testicules (non-seminomateuses et séminomateuses) a augmenté de 3 à 6% par an aux Etats-Unis, au Canada, en Europe, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Durant la même période, l’usage de cannabis a augmenté dans les mêmes proportions, une observation qui a conduit les chercheurs à avancer l’hypothèse d’un lien entre cette drogue et le cancer des testicules2.

Les différents types de cancer des testicules

Les tumeurs germinales

Parmi les cancers issus des cellules germinales (95 % des cas), on distingue 2 grands types de tumeurs
testiculaires dont le traitement et le pronostic sont différents :

Les tumeurs séminomateuses

Les tumeurs séminomateuses qui représentent 30 à 40 % des cancers du testicule, surviennent majoritairement entre 35 et 45 ans et sont souvent localisées au testicule. En général, ces tumeurs sont traitées par radiothérapie. Une chimiothérapie est rarement nécessaire.

Ces tumeurs séminomateuses se classent en trois catégories :
– les séminomes typiques ou classiques (80 % des cas) ;
– les séminomes anaplasiques (10 % des cas), plus agressifs que les précédents ;
– les séminomes spermatocytaires, qui concernent surtout les patients de plus de 50 ans.

Les tumeurs non seminomateuses

Les tumeurs non seminomateuses (tumeurs embryonnaires), qui représentent 60 à 70 % des tumeurs testiculaires, surviennent essentiellement entre la puberté et 35 ans. Elles ne sont localisées au testicule que dans 30 % des cas et nécessitent souvent une chimiothérapie. Ce sont les carcinomes embryonnaires, les tumeurs du sac vitellin, les choriocarcinomes, et les teratomes.

Les tumeurs non germinales

Les tumeurs non germinales (5% des cas) sont les tumeurs à cellules de Leydig ou à cellules de Sertoli,
les rhabdomyosarcomes et autres sarcomes.

Enfin, de façon exceptionnelle, le testicule peut être le siège d’une métastase d’un autre cancer (du poumon par exemple) ou d’une maladie hématologique (leucémie, lymphome, myélome).

La fréquence de ces différents types de tumeurs varie en fonction de l’age de survenue. Ainsi, le cancer prédominant est :
– chez l’enfant : la tumeur du sac vitellin,
– entre 20 et 30 ans : le choriocarcinome,
– entre 25 et 35 ans : le teratocarcinome ou carcinome embryonnaire,
– entre 30 et 40 ans : le séminome,
– après 50 ans : les séminomes spermatocytaires.

  1. Association of Marijuana Use and the Incidence of Testicular Germ Cell Tumors. Janet R. Daling, David R. Doody, Xiaofei Sun, Britton L. Trabert, Noel S. Weiss, Chu Chen, Mary L. Biggs, Jacqueline R. Starr, Sudhansu K. Dey et Stephen M. Schwartz. Cancer []
  2. Sources: EurekAlert et AFP
    Encart : La ligue contre le cancer []

Commentaires Clos.

Note aux utilisateurs concernant la publication d'informations médicales :
Publiez uniquement des informations que vous jugez véridiques à la lumière de vos connaissances.
Si les données médicales diffusées ne proviennent pas de votre expérience personnelle, vous devez indiquer les sources (références, liens, etc.).