Le virus du sida (VIH) est devenu indétectable chez un séropositif leucémique après une greffe de moelle osseuse

SIDA VIH ruban rougeLe cas de ce patient d’un hôpital berlinois a été d’abord révélé par le Wall Street Journal la semaine dernière et fait cette semaine les gros titres en Allemagne. Le virus du sida (VIH) est devenu indétectable chez un patient leucémique et séropositif après une greffe de moelle osseuse sophistiquée. L’hôpital berlinois de la Charité a expliqué que ce « cas intéressant » reste « isolé » et ne doit pas éveiller de faux espoirs.

Le professeur Rodolf Tauber a en effet insisté dans ce sens dans un communiqué :

« C’est un cas intéressant pour la recherche, mais cela reste un cas isolé.
Néanmoins, celui qui promettrait des espoirs de guérison aux millions de personnes contaminées par le VIH ne serait pas sérieux. »

Le patient, un Américain, séropositif depuis dix ans, qui vit à Berlin, a dû subir une greffe de moelle osseuse pour traiter une leucémie qui s’est déclarée chez lui il y a trois ans.

Or, parmi les donneurs potentiels présentant une moelle compatible avec la sienne, se trouvait une personne porteuse d’une mutation génétique déjà connue des scientifiques, mais inexpliquée à ce jour. Cette particularité est une mutation du récepteur CCR5 du virus, est présente chez 1 à 3% de la population européenne et semble conférer aux individus porteurs une immunité de facto face au VIH.

L’équipe de l’hématologue berlinois Eckhard Thiel, qui a pris en charge le patient, a choisi ce donneur particulier

« dans l’espoir que, après la greffe de sa moelle osseuse, l’infection au VIH du malade disparaîtrait elle aussi »

.

Le patient, sous traitement antirétroviral depuis des années et n’avait jamais développé le sida, a arrêté son traitement au moment de la greffe, afin d’éviter que les antiviraux n’entraînent son rejet.

« Normalement, l’arrêt des médicaments (antirétroviraux) entraîne en quelques semaines le développement du sida. Jusqu’à aujourd’hui, plus de 20 mois après la greffe réussie, le VIH est indétectable chez ce patient »,

a résumé mercredi l’équipe du Pr Thiel.

Le Dr Gero Hütter, membre de l’équipe berlinoise, a tenu a préciser lors d’une conférence de presse mercredi que ce procédé n’est pas adapté au traitement de patients porteurs du VIH, ni aujourd’hui ni dans un avenir proche. Il a insisté que le traitement du VIH n’avait été dans ce dossier qu’un « effet secondaire » de la thérapie destinée à soigner une leucémie.

La Pr Thiel a cependant ajouté que :

« Ce cas particulier montre cependant le rôle-clef joué par le gène CCR-5 dans la transmission du HIV et le développement de la maladie »

Le récepteur CCR5

Le récepteur CCR5 sont des molécules présentes à la surface de certaines cellules de l’immunité, dont les fameux lymphocytes CD4 qui participent à la fusion de la membrane de la cellule avec l’enveloppe du virus, permettant à celui-ci d’infecter le lymphocyte.
Le rôle naturel du récepteur CCR5 est celui de récepteurs à diverses chémokines, une catégorie particulière de cytokine dont le rôle est d’attirer les cellules chargées de la défense de l’organisme sur les sites de la réponse immune et de la réaction inflammatoire.

Ce cas a fait l’objet d’une publication dans la revue médicale The New England Journal of Medecine1

Notes et références

  1. Hutter G et al. Long-term control of HIV by CCR5 CCR5?32/ ?32 stem-cell transplantation. N Engl J Med. 360: 692-8, 2009. []

2 Commentaires

  1. j’entretiens depuis dix ans des rapports non proteges avec des sero positives au vih mais tous mes resultats sont toujours negatifs que penser ? j’attends des explications à ce phenomene merci

  2. Pingback : vivresansmaladie

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