Les retombées planétaires de la catastrophe de la centrale nucléaire de Fukushima

La catastrophe de Fukushima a ébranlé la confiance du public dans la sécurité des centrales nucléaires. La plupart des gouvernements se sont montrés réticents à complètement abandonner cette forme d’énergie, promettant néanmoins de repenser les stratégies et procéder à des vérifications de sécurité.

Le 15 Mars, l’Union Européenne a décidé d’appliquer des tests de résistance (des « stress tests ») sur les 143 réacteurs en activité en Europe. Au cours de cette évaluation, une analyse sismique doit être menée dans les centrales nucléaires afin de déterminer le taux de probabilité d’un éventuel séisme ainsi que les conséquences d’un tel phénomène. Les expertises porteraient aussi sur le degré de protection des centrales contre les crues ou des événements imprévus comme par exemple une attaque terroriste. Les tests tiendront également compte du type, de l’âge et des paramètres techniques des centrales. Les Etats membres sont libres de décider s’ils souhaitaient soumettre leurs centrales à cette évaluation, dont les critères seraient finalisés après une analyse complète des événements survenus au Japon.

La Suisse a suspendu le projet de construction de trois nouveaux réacteurs et a annoncé que des tests de sécurité seront menés sur ses cinq réacteurs existants. Le pays ne prendra pas part aux tests de stress de l’UE, faisant valoir que la réalisation de ces tests prendrait trop de temps; les critères de ces tests n’ayant pas encore été définis. Les ingénieurs suisses envisagent d’avoir les résultats de leurs propres tests de sécurité d’ici la fin du mois.

En Europe, l’Allemagne, qui compte 17 réacteurs, a pris les mesures les plus extrêmes en arrêtant temporairement – dans l’attente des résultats des tests de sécurité – ses sept réacteurs les plus anciens. Un moratoire de trois mois a été décrété sur la décision de prolonger l’espérance de vie des centrales nucléaires.

Les deux pays de l’UE qui comptent le plus grand nombre de réacteurs – la Grande-Bretagne, qui dispose de 19 et quatre projets de construction, et la France, qui dispose de 58 réacteurs et deux en projet de construction – avaient prévu de revoir la sécurité, mais ne vont pas retarder les projets de construction. Le premier ministre français, François Fillon, a chargé l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de procéder à l’audit des installations françaises avec pour mission de fournir des « premières conclusions » d’ici fin 2011.

Les gouvernement italiens, polonais et tchèques ont annoncé qu’ils poursuivaient leur programme nucléaire.

La Russie a annoncé qu’elle aller tester la sécurité de ses 32 centrales nucléaires existantes, mais poursuivra la construction des 11 centrales en cours et des 14 autres qui sont prévues.

La Chine a adopté une position étonnamment sensible devant une population dont les craintes profondes d’une contamination de Fukushima. Les autorité chinoises ont annoncé le 17 mars qu’ils suspendaient temporairement les travaux des 26 réacteurs nucléaires actuellement en construction. En attendant, les normes de sécurité vont être révisées, il en sera de même concernant la sécurité de ses 13 réacteurs en exploitation. Elles ont également annoncé leur intention de réexaminer les plans d’expansion à long terme de leur programme nucléaire qui prévoyait la construction d’au moins 60 réacteurs.

Dans d’autres pays à risque sismique, l’expansion des programmes nucléaires se poursuit normalement. L’Inde, qui dispose de 20 réacteurs, poursuivra son programme nucléaire ambitieux d’en ajouter 23 autres. Son gouvernement affirme que toutes les mesures de sécurité nécessaires seront prises. La Turquie projette toujours de construire ses quatre premiers réacteurs sur un site près de Mersin sur sa côte méditerranéenne orientale. Le Chili affirme qu’il ne prévoit pas de construire des centrales nucléaires, mais a néanmoins signé des accords récents avec la France et les États-Unis pour former des ingénieurs nucléaires. L’accord avec les États-Unis a été signé le 18 Mars.

Le 17 Mars, le président américain Barack Obama a ordonné une révision complète de la sécurité des installations nucléaires aux États-Unis, tout en apportant son soutien à cette forme d’énergie.

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