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Hypertension artérielle : 9.4 millions de morts par an dans le monde

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a lancé cette semaine une campagne pour le renforcement de la détection de l’hypertension, une maladie qui touche un adulte sur trois à partir de 25 ans.

Cette année, la journée mondiale de la Santé, qui a eu lieu le 7 avril, était consacrée à l’hypertension artérielle. Cette maladie touche plus d’un adulte sur trois dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

L’hypertension artérielle constitue l’un des problèmes majeurs de santé publique dans les pays développés et émergents. Il s’agit de la plus fréquente des affections cardio-vasculaires : on estime sa prévalence à environ 20 % de la population adulte. Chez les personnes de 20 ans, le pourcentage d’hypertendus est très faible, il augmente ensuite régulièrement pour atteindre 40 % à 65 ans et 90 % à 85 ans.

Selon l’OMS, l’hypertension vient en deuxième position, après le tabagisme et avant l’alcoolisme, sur la liste des facteurs diminuant le nombre d’années de vie en bonne santé. Car toutes les études épidémiologiques menées depuis trente ans aboutissent à la même conclusion : l’hypertension artérielle augmente la morbidité et la mortalité cardio-vasculaires. C’est une cause directe ou un acteur de risque pour l’athérosclérose coronarienne, l’insuffisance cardiaque, l’hypertrophie ventriculaire gauche, l’endommagement de l’endothélium, les accidents vasculaires cérébraux, l’angine de poitrine, la diminution de réserve de vasodilatation coronarienne. Elle est par ailleurs une pathologie à part entière qui affecte principalement le cerveau, le cœur et les reins.

Qu’est- ce que l’hypertension ?

La pression artérielle systémique est la force que le courant sanguin exerce sur les parois des artères. Elle varie au cours de la journée. Elle s’abaisse pendant le sommeil et au repos, et remonte au cours d’activités de toute nature. Elle peut atteindre des niveaux élevés en cas d’exercices physiques soutenus, de chaleur excessive ou de froid intense, ou encore de choc émotionnel. L’hypertension artérielle est une exagération de l’état de tension de la paroi artérielle qui a pour conséquence l’augmentation de la pression sanguine à l’intérieur du vaisseau.


Le seuil de 14/9

Chez l’adulte, on parle d’hypertension artérielle lorsque les chiffres de tensions sont égaux ou supérieurs à 140/90 mmHg. Ce chiffre a historiquement varié, autrefois à 160/95 mmHg, en particulier selon les médicaments disponibles et selon les pathologies associées (diabète en particulier). Un surcroît de risque peut exister au-delà de la fourchette 120/80 mmHg. Le premier chiffre est celui de la pression artérielle systolique qui correspond à la pression du sang au moment où le cœur se contracte (systole) et propulse le sang dans les artères et vers les poumons à partir de l’aorte et de l’artère pulmonaire. Le second chiffre est celui de la tension artérielle diastolique qui correspond à la pression du sang au moment où les cavités ventriculaires se dilatent (diastole) pour recevoir le sang arrivant dans les oreillettes par les veines caves et les veines pulmonaires.

Quels sont les signes de cette maladie ?

L’hypertension n’est pas toujours détectée aussi tôt qu’il le faudrait au regard des risques dont elle est porteuse. Cette déficience du dépistage a une explication : les symptômes de l’hypertension sont le plus souvent absents. On note parfois des maux de tête, permanents ou culminant le matin au réveil, des vertiges, des troubles de la vue, des palpitations cardiaques, des suées voire des saignements de nez. Ces symptômes, bien que non spécifiques, doivent alerter le patient. Lorsqu’une hypertension est diagnostiquée, le médecin tentera d’affiner le niveau réel de l’hypertension par deux méthodes : l’automesure par le patient et la mesure ambulatoire.

Quels sont les risques ?

L’hypertension est la première cause de décès prématuré et de handicap dans le monde et est à l’origine chaque année de près de 9,4 millions de décès par maladie cardiovasculaire, selon les chiffres de l’OMS. C’est une affection qui augmente le risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral et d’insuffisance rénale. Par ailleurs, si elle n’est pas soignée, elle peut provoquer la cécité, une arythmie cardiaque et une insuffisance rénale.

Quelles sont les causes de l’hypertension ?

L’hypertension artérielle est le plus souvent la conséquence d’un grand nombre de causes additives. En dehors de l’âge et du poids avec lesquels la pression artérielle s’élève, peuvent exister : un dérèglement du système hémodynamique au niveau nerveux (centre de contrôle du cerveau, système nerveux périphérique hyperactif) ou hormonal (niveau d’insuline, d’adrénaline, de rénine, d’angiotensine, d’aldostérone et de prostaglandines) ; une hérédité familiale ; une malnutrition fœtale, avec faible poids à la naissance ; une rétention excessive de sodium, due à un mauvais fonctionnement des néphrons dans les reins ; une hypertrophie vasculaire ou une mauvaise fonction de l’endothélium.

L’hypertension est parfois la conséquence d’une maladie sous-jacente: il existe ainsi des causes rénales (sténose ou occlusion de l’artère rénale, maladies du parenchyme), surrénaliennes (adénome corticosurrénalien ou syndrome de Conn, tumeur de la médullosurrénale ou phéochromocytome), neurovasculaires (coarctation de l’aorte) ou hormonales (œstrogènes et hormones contraceptives, excès de minéralocorticoïdes, acromégalie, hyper- ou hypothyroïdie). Elle est plus rarement liée à une mutation unique familiale ayant des conséquences sur la fonction du rein, de la surrénale ou des vaisseaux.


Les facteurs de risque cardiovasculaires

L’hypertension artérielle est un des facteurs de risque majeurs d’événement vasculaire (accident vasculaire cérébral en particulier). Certains éléments comme le stress, le tabagisme, la consommation de café, des apports faibles en calcium et magnésium peuvent favoriser l’hypertension.
Cinq autres facteurs sont à prendre en compte : le surpoids et l’obésité (entre 11 et 25 % du risque selon les populations), un apport élevé en sodium (entre 9 et 17 %), un apport faible en potassium (4 et 17 %), une faible activité physique (entre 5 et 13 %) et une forte consommation d’alcool (entre 2 et 3 %)

Comment prévenir cette maladie ?

Il est possible de réduire les risques d’hypertension. Les moyens peuvent s’appliquer au quotidien : consommer moins de sel, avoir un régime alimentaire équilibré, faire régulièrement de l’exercice, s’abstenir de fumer ou encore éviter l’abus d’alcool et de drogue.

Quels sont les traitements de l’hypertension ?

L’hypertension artérielle ne peut pas être guérie. Mais elle peut en revanche être contrôlée, par le respect d’une bonne hygiène de vie et avec l’aide de médicaments spécifiques. Il existe cinq familles majeures de médicaments.
Les diurétiques. Ce sont les plus anciens des médicaments utilisés pour lutter contre l’hypertension. Leur action consiste à stimuler l’excrétion de l’eau et du sel par les reins.

Les bêtabloquants

Ils agissent en « bloquant » les « bêta » récepteurs de l’hormone du stress, l’adrénaline, qui agit comme un stimulant cardiaque. Sous leur effet, le cœur bat moins vite et moins énergiquement.
Les inhibiteurs calciques. Ils agissent en freinant l’entrée de calcium dans les cellules musculaires des artères, entrainant ainsi une vasodilatation et donc une baisse de la pression artérielle. Ils peuvent être utilisés en urgence comme au long cours.

Les bloqueurs du système rénine angiotensine

Il existe plusieurs classes de médicaments qui peuvent bloquer cette cascade enzymatique à différents niveaux: les inhibiteurs de la rénine, les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine I (IEC), et les bloqueurs des récepteurs de l’angiotensine II (ARA2). Chaque classe a ses propriétés et ses avantages. Les IEC et les ARA2 sont les plus prescrits.

Les inhibiteurs des alpha-récepteurs

Ils agissent sur les récepteurs alpha-1 de la membrane lisse des vaisseaux sanguins. Ils sont le plus souvent donnés en 3ème intention.

Les laboratoires de recherche travaillent à de nouvelles voies thérapeutiques, car un seul traitement est insuffisant dans la moitié des cas, et certains patients, notamment d’origine africaine, répondent mal aux molécules disponibles.

Sources : Inserm

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