Manger moins pour vivre plus longtemps

Quel est le point commun entre la levure, la mouche, le ver et les rongeurs ? Tous vivent plus longtemps lorsqu’ils mangent moins. Il faut à présent ajouter les primates à cette liste. Une étude – d’une durée de 20 ans – vient en effet de montrer que chez le singe rhésus, une réduction substantielle de l’apport calorique ralentit le vieillissement et allonge la durée de vie de ces primates.

Les résultats sont publiés dans la revue Science datée du 10 juillet 20091.

Canto (à gauche sur la photo) et Owen ont le même âge. Par contre Canto a consommé beaucoup moins de calories calories tout au long de sa vie.

Canto (à gauche sur la photo) et Owen ont le même âge. Par contre Canto a consommé beaucoup moins de calories tout au long de sa vie.

Phénomène connu de longue date

La première étude, conduite sur des rats, suggérant un lien entre une réduction de l’apport alimentaire et la durée de vie date de 1935. Depuis de nombreuses études chez la levure, la mouche ou encore le ver nématode n’ont fait que renforcer l’idée qu’une restriction calorique, d’environ 30 pour cent (à ne pas confondre avec la malnutrition) pouvait présenter un avantage pour certains mammifères : les nombreux points communs entre le singe rhésus et l’homme font que ces résultats pourraient bien s’appliquer aussi à l’homme.

Alors que les rats et les souris ont une espérance de vie d’environ deux ans, les singes rhésus vivent en moyenne 27 ans certains pouvant atteindre l’age de 40 ans. Une étude sur la longévité du singe rhésus demande donc de la patience. Ricki Colman et ses collègues ont commencé leur étude au Wisconsin National Primate Research Center(Etats-Unis) en 1989. La colonie étudiée était constituée de 76 singes rhésus adultes âgés de 7 à 14 ans. Ils ont été répartis en deux groupe, un premier groupe soumis à un régime réduit en calories et un second groupe soumis à un régime normal. Les chercheurs ont, dans un premier temps, déterminé l’alimentation habituelle des singes pour ensuite réduire l’apport en calorie de 10% tous les 3 mois celle du groupe test dit CR et cela jusqu’à atteindre la restriction voulue de 30%.

Trois fois plus de décès

A l’issue de l’étude, 37% des singes du groupe contrôle étaient décédés de causes liées à l’âge contre seulement 13% dans le groupe CR. Cette découverte signifie qu’il y a eu trois fois plus de décès pour une cause liée à l’âge telle que le diabète, un cancer, une maladie cardiovasculaire ou une atrophie cérébrale chez les singes contrôle que chez ceux du groupe test RC. Les singes morts au cours de l’étude ont tous subi une autopsie complète afin de distinguer les décès dus à l’âge de ceux dus à d’autres raisons.

Ces résultats indiquent que la restriction calorique chez l’adulte peut faire reculer le début des pathologies liées à l’âge chez cette espèce de macaque2.

Notes et références

  1. Article : Caloric Restriction Delays Disease Onset and Mortality in Rhesus Monkeys
    Auteurs : Ricki J. Colman, Rozalyn M. Anderson, Sterling C. Johnson, Erik K. Kastman, Kristopher J. Kosmatka, T. Mark Beasley, David B. Allison, Christina Cruzen, Heather A. Simmons, Joseph W. Kemnitz, Richard Weindruch
    Journal de publication : Science
    DOI : 10.1126/science.1173635 []
  2. Source : EurekAlert, Sciencenews
    crédit photo Jeff Miller []

Un Commentaire

  1. Une nouvelle vidéo de la DG SANCO, dont je vous propose ci-après le lien, démontre également que bien que la santé des Européens s’améliore de manière générale, il y a de grandes différences entre les régions de l’UE et entre les personnes selon leur origine sociale, leur groupe ethnique et leurs niveaux de revenu et d’éducation. Ces facteurs aboutissement à des inégalités dans l’espérance de vie des citoyens européens dans les différentes régions européennes, en ce compris en France. Cette vidéo, intitulée « Réduction des inégalités de santé dans l’Union européenne », donne des exemples d’inégalité de santé qui existent en l’Europe et des actions prise pour les réduire.

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