Un nouveau médicament très prometteur contre le cancer

cancer-du-seinDes chercheurs britanniques (du The Institute of cancer research) annoncent avoir obtenu, grâce à un nouveau médicament contre certains cancers d’origine génétique, des résultats très prometteurs lors d’essais cliniques préliminaires. Les résultats ont été publiés dans la revue médicale The New England Journal of Medicine datée du 24 juin 2009.

Un médicament qui cible les cellules cancéreuses et laisse intact les cellule normales

Ce nouveau médicament, Olaparib, a été donné à des patients avec des formes avancées de cancer (cancer du sein, des ovaires ou de la prostate) hérité d’une mutation sur les gènes BRCA1 et BRCA2 (voir encart). L’Olaparib bloque l’action d’enzymes appelées PARP qui sont impliqués dans les mécanismes de réparatinon de l’ADN. Grâce à ce médicament, chez plus de la moitié des patients, la tumeur s’était soit stabilisée ou avait diminué de taille. Ces patients n’avait pas répondu favorablement aux traitements habituels contre le cancer. L’étude montre qu’un des patients était toujours en rémission deux ans après avoir reçu le traitement.

Les mutations BRCA

Certains types de cancers du sein, de l’ovaire et de la prostate ont une forte composante héréditaire. Des mutations dans les gènes BRCA1 et BRCA2 sont les causes les mieux comprises de ces cancers héréditaires. Ces cancers concerneraient environ 5% des cancers du sein et de l’ovaire et environ 1 à 2% des cas précoces de cancers de la prostate. Les femmes qui sont porteuses d’une mutation BRCA ont 85% de risque de développer un cancer du sein et jusqu’à 60% de risque de développer un cancer de l’ovaire au cours de leur vie. Les hommes avec une mutation sur le gène BRCA ont jusqu’à 15% de risque de développer un cancer de la prostate au cours de leur vie. Ces patients ont un risque élevé de cancer parce que cette mutation génétique affaiblit le mécanisme de réparation de l’ADN.

L’Olaparib cible les cellules cancéreuses mais laissent intact les cellules normales. Ce médicament aurait aussi très peu d’effets secondaires et certains patients ont déclaré que le traitement était plus facile à supporter que la chimiothérapie.

Le Dr Johann de Bono, un des chercheurs de la Institute of cancer research qui a dirigé ces essais cliniques de Phase I avec le concours de la société AstraZeneca/KuDOS déclare que les résultats positifs doivent permettre de mener des essias d’une plus grande ampleur.

« Ce médicament s’est montré très impressionnant pour réduire la taille des tumeurs des patients. Elle donne aux patients qui ont déjà essayé de nombreux traitements conventionnels de longues périodes de rémission, libres de tous symptômes de la maladie ou effets secondaires importants »,

déclare le chercheur.

Létalité synthétique

Olaparib est le premier exemple de réussite d’un nouveau type de médecine personnalisée utilisant le principe de « létalité synthétique » (synthetic lethality en anglais), le médicament agit efficacement avec le défaut moléculaire de patient. Ce traitement est basé sur des expériences menées dans ce même institut qui ont montré que certains cancers avaient des talons d’Achille : si des médicaments – comme l’olaparib – sont utilisés pour bloquer une enzyme appelée PARP dans l’organisme, l’ADN de la cellule tumorale se brise et la cellule meurt.

Les cancers avec les mutations BRCA1 or BRCA2 ont été les premiers découverts comme étant sensible à une inhibition de PARP mais il y a des évidences qui laissent à penser que l’olaparib va être efficace dans d’autres formes de cancer avec des défauts dans la machinerie de réparation de l’ADN. Cela pourrait concerner certains cancers du sein non-hérité ou cancers de la prostate et jusqu’à la moitié des formes les plus courantes du cancer de l’ovaire.

 » C’est un médicament très important pour le traitement des cancers liés aux gènes BRCA1/2. La prochaine étape est de tester ce médicament sur une forme plus courante de cancers des ovaires ou du sein ou nous espérons que ce médicament va être tout aussi efficace ».

déclare le professeur Stan Kaye qui a co-dirigé cette étude.

Le Professeur Alan Ashworth qui dirige à présent l’organisme caritatif Breakthrough Breast Cancer Research Centre qui participe au financement de ces recherches est à l’origine des travaux qui consiste a cibler les mécanismes de réapration de l’ADN dans le cancer.

« Nous sommes extrêmement heureux que les travaux que nous avons mené au laboratoire se sont traduit aussi vite en bénéfices pour les patients. Ce concept est a présent teste dans deifférents essais cliniques a travers le monde. « 

déclare le professeur.

Le mode d’action de ce médicament

Le concept derrière cette nouvelle approche est appelé « létalité synthétique » (synthetic lethality en anglais). Les cellules normales ont différents moyens de réparer les lésions de leur ADN. Dans le cas des tumeurs BRCA, une des voies de réparation est absente. Le médicament olaparib bloque une autre voie impliquant l’enzyme PARP, les cellules normales ne sont pas affectées par ce médicament car elles peuvent utiliser les gènes BRCA. Lorsque le médicament est utilisé sur les tumeurs BRCA, elles n’ont plus aucun moyen de réparer leur ADN alors elles meurent. C’est pourquoi ce médicament est si efficace pour tuer les cellules cancéreuses et n’affectent pas les cellules normales.


Référence :
Article :
Inhibition of Poly(ADP-Ribose) Polymerase in Tumors from BRCA Mutation Carriers
Auteurs : Peter C. Fong, David S. Boss, Timothy A. Yap, Andrew Tutt, Peijun Wu, Marja Mergui-Roelvink, Peter Mortimer, Helen Swaisland, Alan Lau, Mark J. O’Connor, Alan Ashworth, James Carmichael, Stan B. Kaye, Jan H.M. Schellens, et Johann S. de Bono
Journal de publication :
DOI : 10.1056/NEJMoa0900212

Source : BBC Health

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