Produire en laboratoire une grande quantité de cellules souches

hematopoieseUne équipe de l’Institut de recherche en immunologie et cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal a réussi à produire en laboratoire une grande quantité de cellules souches à partir d’un nombre infime de cellules souches sanguines provenant de la moelle osseuse. L’équipe multidisciplinaire dirigée par le Dr Guy Sauvageau a fait ainsi un pas de géant vers la mise au point d’un traitement révolutionnaire à l’aide de ces cellules souches. Cette première mondiale fera progresser la recherche sur les cellules souches et pourrait avoir d’importantes retombées dans plusieurs domaines pour lesquels il n’existe actuellement aucun traitement. La découverte fait l’objet d’une publication dans la prestigieuse revue scientifique Cell datée du 17 avril.1

Chaque année en Amérique du Nord, près de quatre mille personnes attendent en vain une greffe de moelle osseuse par manque de donneur compatible. On sait qu’une greffe de cellules souches de moelle osseuse peut permettre de reconstituer la moelle osseuse du receveur. La principale difficulté reste à obtenir un nombre suffisant de cellules souches compatibles. Grâce au Dr Sauvageau et à son équipe, d’ici quelques années, ces patients pourront obtenir une nouvelle moelle osseuse.

« On pourrait ainsi envisager greffer tous les adultes à partir des banques existantes de sang de cordon ombilical, dont le contenu en cellules souches est présentement limitant pour l’utilisation à grande échelle chez l’adulte »,

affirme le Dr Sauvageau.

Des greffes d’organe sans effets secondaires : la médecine du futur?

Actuellement, les personnes greffées sont condamnées à prendre des médicaments contre le rejet de l’organe transplanté et à en subir les effets secondaires tout au long de leur vie. Toutefois,

« il existe des études chez la souris qui démontrent que les cellules souches de moelle osseuse peuvent empêcher le rejet typiquement dirigé contre les organes solides »,

affirme le Dr Sauvageau.

Le rejet se produit parce que les cellules du système immunitaire, fabriquées par la moelle osseuse, attaquent l’organe greffé comme si c’était un envahisseur. Par extrapolation d’études effectuées en laboratoire, il est fort probable que de greffer des cellules souches hématopoïétiques prélevées chez le donneur d’organe et développées en laboratoire permettrait d’éviter le rejet de cet organe. D’où l’importance de pouvoir disposer de grandes quantités de cellules souches hématopoïétiques permettant ainsi d’être en mesure d’associer des cellules souches compatibles avec l’organe à transplanter.

Des protéines multiplicatrices de cellules souches

Pour produire de grandes quantités de cellules souches hématopoïétiques en laboratoire, l’équipe du Dr Sauvageau a identifié dix protéines parmi sept cents candidates. Ces dix protéines sont naturellement présentes à l’intérieur des cellules souches hématopoïétiques. Et les chercheurs peuvent se servir de chacune d’elles pour forcer ces cellules à se multiplier en laboratoire.

« La prochaine étape consiste à vérifier si cela fonctionne aussi chez l’humain. Et tout est déjà en place»,

reprend Guy Sauvageau. Ces tests se dérouleront à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal, un des plus grand centre au pays où on pratique la transplantation de cellules souches.

« Si une seule des dix protéines permet de multiplier des cellules souches hématopoïétiques chez l’humain, nous pourrons alors obtenir les quantités de cellules nécessaires pour effectuer des greffes. Et ce sera alors  » mission accomplie ». »

Plusieurs chercheurs à travers le monde tentent aujourd’hui d’harnacher le pouvoir régénérateur d’autres types de cellules souches pour traiter des maladies comme l’Alzheimer ou le diabète. Les recherches de l’équipe de l’IRIC pourraient aussi les aider à atteindre leur but.

Les travaux de l’équipe du Dr Sauvageau ont été financés par les Instituts de recherche en santé du Canada.2

Notes et références

  1. A Functional Screen to Identify Novel Effectors of Hematopoietic Stem Cell Activity [Abstract]. Eric Deneault, Sonia Cellot, Amélie Faubert, Jean-Philippe Laverdure, Mélanie Fréchette, Jalila Chagraoui, Nadine Mayotte, Martin Sauvageau, Stephen B. Ting et Guy Sauvageau. Cell []
  2. Source: UdeM Nouvelles
    Crédit illustration: Charles J. Dimitroff lab (Harvard Med School)
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