Doit-on s’inquiéter de la grande consommation de boissons énergisantes chez les jeunes?

Doit-on s'inquiéter de la grande consommation de boissons énergisantes chez les jeunes?Doit-on s’inquiéter de la grande consommation de boissons énergisantes chez les jeunes? Oui, semble dire la nutritionniste Stéphanie Côté, du Centre de référence sur la nutrition humaine Extenso.

«Ces boissons contiennent beaucoup de sucre et de caféine et ne sont pas sans répercussions sur la santé.»

Utilisées pour prolonger l’éveil et augmenter la concentration, les «boissons énergie», comme le font valoir les publicités des fabricants, connaissent une popularité grandissante chez les jeunes adultes. Bon nombre d’étudiants n’hésitent pas à en boire plusieurs la veille d’un examen afin de pouvoir étudier plus longtemps.

«C’est le café de la nouvelle génération»,

lance la nutritionniste.

En 2004, les ventes de Red Bull, seule boisson du genre homologuée comme produit de santé naturel par Santé Canada en raison de la caféine synthétique qu’elle contient, ont atteint 1,5 milliard de canettes aux États-Unis. Tout porte à croire que, chez nous, la consommation est comparable. Une tendance en progression chez les jeunes âgés de 18 à 24 ans, selon un rapport d’Agriculture et Agroalimentaire Canada publié en janvier 2008. Ce segment de marché tend en effet à s’élargir pour toucher une clientèle encore plus jeune. Comme on peut le lire sur le site d’Extenso, des enfants prennent de plus en plus ce type de boisson lorsqu’ils s’adonnent à des activités sportives.

«Parce que ces boissons sont à la mode et qu’elles améliorent soi-disant leurs performances athlétiques.»


Pourtant, les Red Bull, Guru, Arush et Shark, pour ne nommer que ces marques-là, ne sont pas conseillés aux athlètes ni aux enfants de moins de 12 ans.

«Les boissons énergisantes n’hydratent pas efficacement le corps, prévient Stéphanie Côté. Car elles contiennent trop de sucre.»

Par ailleurs, selon la professeure Marielle Ledoux, directrice du Département de nutrition et coauteure du livre Nutrition, sport et performance,

«la caféine ne favorise pas nécessairement la performance sportive. En trop grande quantité, elle peut même augmenter les risques de fatigue et de déshydratation.»

Un mélange dangereux

Stéphanie Côté a récemment gouté, pour la première fois, à une de ces boissons énergisantes. «Ça avait le gout du bonbon», dit-elle. Pas étonnant. Chaque canette renferme par portion de 250 ml environ 35 g de glucides, soit l’équivalent de sept cuillères et demie à thé de sucre. La teneur en caféine, qui s’élève en moyenne à 80 mg, est semblable à celle d’un expresso! Bref, les contenus en sucre et en caféine des boissons énergisantes se comparent à ceux des boissons gazeuses de type cola.

Certaines marques renferment toutefois plus de caféine. Dans la liste des ingrédients, celle-ci se cache parfois sous les noms de guarana et maté (yerba mate), des plantes à haute teneur en caféine naturelle. On y trouve aussi en grande quantité de la taurine et du glucuronolactone, ainsi qu’une infime trace de ginseng.

«C’est le mélange sucre-caféine qui procure l’effet stimulant, affirme Stéphanie Côté, et non pas, contrairement à ce que certains pensent, la taurine et le glucuronolactone. À ce jour, aucune preuve ne permet de conclure que ces deux ingrédients stimulent réellement l’organisme.»

Par contre, plusieurs études ont démontré qu’à forte dose la caféine peut augmenter la tension artérielle, engendrer des palpitations cardiaques, provoquer de l’irritabilité et de l’anxiété en plus de causer des maux de tête et des troubles du sommeil. Santé Canada recommande de ne pas consommer plus de deux canettes de boissons énergisantes par jour.

Mais plusieurs jeunes ne respectent pas ces recommandations. Pire encore. Près de 50 % des 18 à 24 ans qui disent en consommer régulièrement les mélangent à de l’alcool. Dans les bars, les cocktails vodka-Red Bull sont d’ailleurs très en vogue. Malgré les mises en garde contre ce type de mixture.

«Normalement, lorsqu’une personne boit trop d’alcool, la tête lui tourne et elle ressent de la fatigue. Les boissons énergisantes annulent ces signaux, explique la nutritionniste. Comme la personne se sent bien, elle continue de boire. Elle ne se rend pas compte qu’elle est en état d’ébriété.»

Comme avec le rhum-and-Coke quoi! Sauf que les fabricants de rhum et de cola n’ont jamais, eux, prétendu que leur boisson, ni le mélange des deux, était un produit de santé naturel.

Par Dominique Nancy pour UdeMNouvelles

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