Un « ordinateur » antique servait aussi de calendrier olympique

Un Le mécanisme d’Anticythère est un calendrier complexe fabriqué deux siècles avant notre ère dans la Grèce antique. Cette machine a surpris le monde scientifique quand on a découvert il y a deux ans qu’elle permettait de faire des prédictions astronomiques complexes comme la détermination de la position des astres, du soleil et de la lune et ainsi la prédiction des éclipses avec une grande précision mais aussi de fixer les longitudes de l’observateur (calcul redécouvert dans le monde occidental au XVIIIe siècle).
Dans la revue Nature du jeudi 31 juillet, une équipe anglo-américano-grecque de chercheurs décrit comment ce mécanisme astronomique antique, vieux de plus de deux mille ans, servait aussi de calendrier des Jeux Olympiques.

L’histoire commence en 1901. Des pêcheurs d’éponges remontent, de l’épave d’un navire romain coulé près de l’île grecque d’Anticythère, 82 fragments de bronze corrodé recouverts d’une gangue de calcaire. Une vingtaine de roues dentées, portant des inscriptions astronomiques, font d’abord penser à un astrolabe, instrument servant à mesurer la hauteur des étoiles au-dessus de l’horizon et connu depuis le IIe siècle avant notre ère. La forme des caractères grecs permet d’ailleurs de dater ces vestiges de 150 à 100 avant J.-C.

L’appareil, contenu dans un boîtier en bois haut de 33 cm, large de 18 cm et épais de 10 cm, était vraisemblablement actionné par une manivelle.

Un cadran a l’avant représentant le calendrier égyptien avec à l’intérieur un cadran représentant les signes du Zodiaque grec.

A l’arrière étaient placés deux autres cadrans, correspondant au cycle métonique (période de dix-neuf ans, soit 235 lunaisons, au terme de laquelle les phases de la Lune reviennent aux mêmes jours de l’année) et au cycle de Saros (permettant de calculer le retour des éclipses lunaires et solaires).

Elles indiquent à l’utilisateur si elles sont solaires ou lunaires et à quelle heure elles doivent se produire, ont découvert les scientifiques du Projet de recherche sur le mécanisme d’Anticythère. En effet, les éclipses se décalent de 8 heures, soit 120 degrés de longitude, à chaque cycle.

A l’arrière, au cadran métonique est associé un petit cadran subsidiaire, que les chercheurs croyaient lié au cycle callipique (période de 4 × 19 ans). Or de nouvelles analyses ont montré qu’il indiquait, en réalité, la séquence des olympiades grecques et leur correspondance avec les années civiles.

« Nous savions que cet ancien mécanisme grec vieux de 2.100 ans calculait des cycles complexes d’astronomie mathématique. Nous avons été surpris de constater qu’il mettait aussi en évidence un cycle quadriennal des anciens jeux grecs, dont les jeux Olympiques »,

explique Tony Freeth, un des auteurs de l’étude de Nature.

Ce cadran présente quatre subdivisions, où l’on peut lire le nom des quatre grandes épreuves, dites « panhelléniques », dont les lauréats étaient couronnés de laurier : « Olympia » et « Pythia » pour les jeux – quadriennaux – d’Olympie et de Delphes ; « Nemea » et « Isthmia » pour ceux, biennaux, de Némée et de Corinthe. Un autre nom, « Naa », fait référence aux épreuves de moindre renom organisées à Dodone, tandis qu’un sixième nom reste indéchiffrable.

Les Jeux Olympiques marquaient le début d’une période de quatre ans appelé une olympiade: un système de calendrier commun à toutes les cités-États grecques qui amenaient ainsi une uniformité à travers le monde hellénique. Ils débutaient avec la pleine lune la plus proche du solstice d’été. Les Jeux Olympiques (d’Olympie) étaient les plus prestigieux des des quatre grandes épreuves. Les premiers Jeux Olympiques de l’antiquité dont on a connaissance remontent à 776 avant notre ère et se sont déroulés jusqu’en 394, date de leur interdiction par l’empereur romain Théodose Ier.

Un


source:
Nature news, Lemonde

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