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Une déficience en oméga-3 accélèrerait le vieillissement du cerveau

Une alimentation déficiente en gras polyinsaturés oméga-3 pourrait causer un vieillissement du cerveau et une perte de capacités cognitives et de mémoire plus rapides, selon une étude américaine.

Les chercheurs de l’Université de Californie à Los Angeles ont mené cette étude avec 1575 personnes, âgées en moyenne de 67 ans, qui n’étaient pas atteintes de démence. Ils ont mesuré les niveaux d’oméga-3 (de types EPA et DHA qui se trouvent dans les poissons) contenus dans les globules rouges du sang, une mesure plus fiable, car fluctuant moins, que celle des niveaux contenus dans le plasma sanguin et plus exacte que les relevés de l’alimentation. Les résultats sont publiés dans la revue Neurology1.

Les personnes qui se situaient dans les 25% dont les niveaux d’oméga-3 étaient les plus faibles avaient des volumes cérébraux réduits, selon des images cérébrales par résonance magnétique, comparativement à celles qui avaient les niveaux d’oméga-3 les plus élevés. Cette atrophie correspondait à environ deux années de vieillissement structurel du cerveau.

Elles présentaient aussi un pattern de déficit cognitif typique d’une pathologie vasculaire tel qu’indiqué par les résultats inférieurs à des tests de mémoire visuelle, de mémoire abstraite et de capacités mentales appelées fonctions exécutives (qui incluent la résolution de problèmes, la capacité de faire du multi-tâche et la pensée abstraite).

Peu de participants prenaient des compléments d’oméga-3. Ceux qui avaient des niveaux élevés consommaient beaucoup de poissons.

Selon les chercheurs, c’est en réduisant les pathologies vasculaires que les oméga-3 protégeraient le cerveau et les capacités mentales.

Une étude précédente menée avec la cohorte Framingham originale, qui incluaient les parents des participants à la présente étude, avait montré que les personnes ayant les niveaux les plus élevés d’oméga-3 DHA avaient un risque réduit de de 47% démence de tous types et de 39% de maladie d’Alzheimer2.

Oméga-3 AAL, AEP et ADH, leurs sources, l’apport recommandé

Il existe trois types d’oméga 3:

L’acide alpha-linolénique (AAL) est de source végétale. Ce type d’oméga est dit « essentiel » car l’organisme ne peut le synthétiser par lui-même. Les autres acides gras oméga-3 peuvent être synthétisés par l’organisme à partir de l’AAL. Il se trouve dans l’huile et les graines de lin (qui doivent être moulues), huile et graines de chanvre, dans les noix et huile de noix, dans l’huile de canola (colza), l’huile de soya, les margarines confectionnées à partir de ces huiles ainsi que certains légumes verts. C’est ce type d’oméga 3 qui se retrouve dans les aliments enrichis (comme les oeufs).

– L’acide eicosapentaénoïque (AEP) et le l’acide docosahexaénoïque (ADH) se trouvent dans les poissons gras (sardine, maquereau, hareng, anguille) ou mi-gras (saumon, flétan, truite saumoné …). Ces deux types d’oméga 3 peuvent être synthétisés par l’organisme à partir de l’acide alpha-linolénique (AAL) mais le taux de conversion est relativement faible (moins de 10%) et tend à diminuer avec l’âge.

Consommer des aliments riches en oméga 3 de source végétale ne répondrait pas complètement aux besoins de l’organisme en oméga 3 et consommer du poisson demeurerait important. Des compléments d’huile de poisson sont recommandés pour les gens qui consomment peu de poisson.

L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recommande de 800 mg à 1100 mg d’AAL et de 300 mg à 500 mg d’EPA et/ou DHA par jour.

Voici des exemples de sources d’oméga 3 et leur teneur:

Huile de lin : 7,8 g par 15 mL (1 c. à soupe)
Noix de Grenoble : 2,7 g par 60 mL (¼ tasse)
Saumon de l’Atlantique : 2,3 g par 100 g
Saumon rose en conserve : 1,8 g par 100 g
Sardines en conserve : 1,5 g par 100 g
Huile de canola : 1,3 g par 15 mL (1 c. à soupe)
Œufs enrichis d’oméga-3 : 0,4 g par œuf

Notes et références

  1. Red blood cell omega-3 fatty acid levels and markers of accelerated brain aging. Z.S. Tan, W.S. Harris, A.S. Beiser, R. Au, J.J. Himali, S. Debette, A. Pikula, C. DeCarli, P.A. Wolf, R.S. Vasan, S.J. Robins & S. Seshadri. Neurology []
  2. Source : Psychomedia.qc.ca []

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