Une protéine paradoxale pourrait prévenir le cancer du côlon

glivec-ImatinibUne des difficultés de la lutte contre les cellules cancéreuses est qu’elles sont similaires sur de nombreux points aux cellules souches de l’organisme. En se focalisant sur les différences, les chercheurs du Karolinska Institutet (Suède) ont découvert un nouvel angle pour s’attaquer au cancer du côlon. L’étude a été présentée dans la prestigieuse revue Cell (référence complète ci-dessous).

Les voies de signalisation moléculaire qui stimulent la division des cellules souches sont souvent les mêmes que celles activées dans le développement des tumeurs. Cela pose une limite dans le traitement du cancer car souvent les médicaments destinés à tuer les cellules cancéreuses affectent aussi les cellules en bonne santé de notre organisme, particulièrement les cellules souches. Une nouvelle étude du Karolinska Institutet, en collaboration avec des scientifiques internationaux dirigée par le professeur Jonas Frisén, s’intéresse à une exception qui pourrait permettre de traiter une forme de cancer du côlon.

Récepteurs EphB

Les résultats obtenus par ces chercheurs concernent un groupe de protéines de signal appelés récepteurs EphB. Ces protéines stimulent la division des cellules souche de l’intestin et peut contribuer à la formation d’adénomes (polypes), qui sont connus pour être porteur de risque de cancer. Paradoxalement, ces mêmes protéines préviennent aussi les adénomes de se développer de façon incontrôlée et de devenir cancéreuse.

Les récents résultats montres que EphB contrôle deux voies de signalisation distinctes, une qui stimule la division cellulaire et une qui freine la cellule de devenir cancéreuse. A partir de ces connaissances, les chercheurs ont identifiées un substance médicamenteuse appelée imatinib capable d’inhiber la première voie de signalisation sans pour autant affecter la seconde voie qui elle est protectrice.

« Imatinib ou des substances similaires peuvent être utilisées pour prévenir le développement de cancer chez des individus qui présentent un risque de cancer du côlon plutôt que de sectionner l’intestin, »

déclare Maria Genander, un des scientifiques ayant participé à l’étude.

Les chercheurs ont pour l’instant montré que Imatinib était capable d’inhiber les cellules tumorales intestinales in vitro et chez la souris. Cette substance est un composant du Glivec, médicament utilisé entre autre dans le traitement de certaines formes de leucémie. Il reste à montrer si la molécule peut aussi être utilisée contre les adénomes et le cancer du côlon.

Les auteurs de l’étude précisent que le laboratoire pharmaceutique qui fabrique ce médicament n’a pas financé cette étude.


Référence :
Article :
Dissociation of EphB2 Signaling Pathways Mediating Progenitor Cell Proliferation and Tumor Suppression
Auteurs : Maria Genander, Michael M. Halford, Nan-Jie Xu, Malin Eriksson, Zuoren Yu, Zhaozhu Qiu, Anna Martling, Gedas Greicius, Sonal Thakar, Timothy Catchpole, Michael J. Chumley, Sofia Zdunek, Chenguang Wang, Torbjörn Holm, Stephen P. Goff, Sven Pettersson, Richard G. Pestell, Mark Henkemeyer et Jonas Frisén.
Journal de publication : Cell
DOI: 10.1016/j.cell.2009.08.048

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