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Une thérapie génique pourrait pour la première fois être autorisée en Europe

L’Union Européenne s’apprête à approuver pour la première fois une thérapie génique pour le traitement d’une maladie génétique chez l’humain.

Une thérapie génique indiquée pour une maladie très rare du métabolisme des triglycérides – le déficit en lipoprotéine lipase – deviendrait ainsi a première thérapie à obtenir l’approbation des autorités européennes. En effet, le Comité des Médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne du médicament vient de recommander l’autorisation de Glybera (alipogène tiparvovec) (de la société néerlandaise UniQure), un nouveau traitement pour les patients victimes d’accès de pancréatites aigües ou multiples liées à ce déficit héréditaire. Une fois son AMM (autorisation de mise sur le marché) confirmée, Glybera pourra donc être disponible dans l’Union Européenne pour les patients nécessitant le traitement en urgence.

Une maladie rare

Le déficit en lipoprotéine lipase est une maladie héréditaire très rare puisqu’elle touche une personne environ sur 1 million. Elle entraine chez certains patients atteints, des accès de pancréatites aigües ou multiples. Alors que les triglycérides servent de carburant aux divers tissus de l’organisme, la lipoprotéine lipase est l’enzyme qui permet de dégrader les triglycérides en acides gras et glycérol, qui seront captés par les cellules pour leurs besoins énergétiques. Une carence en lipoprotéine lipase induit une hypertriglycéridémie massive, entraînant des douleurs abdominales qui peuvent signifier le début d’un accès de pancréatite aiguë. Le traitement de ce déficit est un régime à vie pauvre en graisses. Une réduction aussi drastique des graisses alimentaires (en deçà de 10 à 20% de l’apport calorique quotidien) étant très difficile, de nombreux patients connaissent des accès de pancréatite, mettant leur vie en danger et nécessitant généralement une hospitalisation.

Glybera est la première thérapie génique recommandée pour une autorisation en UE. Le médicament agit en remplaçant le gène défectueux par une version fonctionnelle, permettant ainsi à l’organisme de récupérer cette fonctionnalité. Glybera utilise un adénovirus comme véhicule de livraison des copies du gène dans des cellules musculaires pour induire à nouveau la production de l’enzyme dans les cellules (voir illustration ci-dessous).

Rapport bénéfice-risque positif

Des « circonstances exceptionnelles » justifient, pour le CMHP cette recommandation d’approbation, sachant que le laboratoire qui le fabrique devra fournir les résultats de traitement et dans un premier temps, l’indication sera restreinte aux patients nécessitant le traitement en urgence.

A ce jour, la thérapie a été testée sur 27 patients répartis dans trois essais cliniques. Un essai à grande échelle est impossible au vu de la rareté de la maladie. Un article récent dans la revue Gene Therapy1 (groupe Nature) qui faisait état de résultats positifs a conduit le CHMP à conclure à un rapport bénéfice-risque positif.

La demande d’autorisation de mise sur le marché pour Glybera a été soumise à l’Agence européenne en décembre 2009. En juin 2011, le CHMP émettait un avis négatif, puis, en juin 2012, après réévaluation et discussions scientifiques un projet d’avis positif qui vient donc d’être approuvé par le CHMP.

En 2004, la Chine a été le premier pays à commercialiser une thérapie génique2, la Gendicine, destinée au traitement des cancers ORL par l’apport du gène p53.

Principe de la thérapie génique

Thérapie génique à base d'un vecteur adénovirus. Un nouveau gène est inséré dans un vecteur dérivé d'un adénovirus, lequel est utilisé pour introduire l'ADN modifié dans une cellule humaine. Si le transfert se déroule correctement, le nouveau gène élaborera une protéine fonctionnelle qui pourra alors exprimer son potentiel thérapeutique. (Source Wikipedia)

Notes et références

  1. Efficacy and long-term safety of alipogene tiparvovec (AAV1-LPLS447X) gene therapy for lipoprotein lipase deficiency: an open-label trial. D Gaudet, J Méthot, S Déry, D Brisson, C Essiembre, G Tremblay, K Tremblay, J de Wal, J Twisk, N van den Bulk, V Sier-Ferreira & S van Deventer. Gene Therapy. []
  2. China approves first gene therapy. Sue Pearson, Hepeng Jia & Keiko Kandachi. Nature Biotechnology. []

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