LSD

Le LSD pourrait aider à traiter l’alcoolisme

Le LSD (acide lysergique diéthylamide), une puissante drogue hallucinogène couramment utilisée par les communautés hippies dans les années 1960 et 1970, permettrait de venir en aide aux personnes dépendantes à l’alcool, selon une étude rétrospective norvégienne.

Selon les chiffres de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé, 14% des adultes de 18 à 75 ans (plus de 6 millions de personnes) déclarent consommer de l’alcool tous les jours. Les consommateurs quotidiens sont pour les trois quarts des hommes. La consommation quotidienne d’alcool est beaucoup plus élevée chez les 45-75 ans (28%) que chez les 26-44 ans (6%) ou les 18-25 ans (3%). L’alcool serait à l’origine d’environ 40 000 décès par an [27], dont environ la moitié liés au cancer des voies aérodigestives supérieures (également liés à la consommation de tabac), aux cirrhoses du foie et à la psychose et dépendance alcoolique1.

Une dose de LSD, six mois d’abstinence

Dans cette étude publiée dans la revue Journal of Psychopharmacology2, des chercheurs de l’université norvégienne de Science et de technologies (Trondheim) ont passé en revue six études parues entre 1966 et 1971, dans lesquelles le LSD était utilisé sur un petit panel de personnes souhaitant se débarrasser de leur dépendance à l’alcool. En additionnant tous ces patients, les scientifiques disposaient donc des résultats portant sur 536 sujets. Parmi eux, 325 étaient traités avec une dose unique (entre 210 et 800 microgrammes) d’acide lysergique diéthylamide (le nom savant du LSD), tandis que les 211 personnes restantes servaient de contrôle. Seules deux femmes ont pris part à ces expériences.

Au total, le traitement à la drogue psychédélique a aidé 59 % des patients à s’abstenir, tandis que le placébo fait effet chez 38 % des sujets du groupe témoin, tout en permettant une vie sociale plus stable. Cependant, ces améliorations ont reculé en même temps que les mois ont passé ; une rechute était observée entre 3 et 6 mois après l’administration de LSD. Toutes les personnes dépendantes à l’alcool étaient également suivies d’un point de vue psychosocial, complément indispensable à la réussite de la thérapie.

Les mécanismes d’action du LSD sont mal connus et cette étude n’apprend rien de nouveau. Le LSD est proche chimiquement de la sérotonine, un neurotransmetteur mis en jeu dans la régulation de l’humeur, dans la mémoire ou dans le plaisir, mais ses effets psychologiques ne sont pas identiques. S’il se fixe sur les récepteurs de son agoniste, le LSD n’active pas les mêmes processus réactionnels. De plus, il se lie également à d’autres récepteurs, rendant son activité précise plus difficile à saisir.

Robin Carhart-Harris, de l’Imperial College de Londres, se risque à une explication de son efficacité :

« Les substances psychédéliques luttent contre l’addiction en rendant la fonction cérébrale plus chaotique durant un moment (comme lorsqu’on secoue une boule à neige), diminuant ainsi le renforcement des connexions entre neurones et modifiant la dynamique établie. »

Ainsi, l’addiction se caractérisant notamment par une mise en place de liaisons privilégiées au niveau du cerveau, qui poussent à la consommation, le LSD viendrait effacer certaines traces préexistantes. Un peu comme si on supprimait les grands axes d’un itinéraire.

Des effets secondaires sévères

Parmi les personnes ayant reçu du LSD, 8 ont subi des effets secondaires désagréables importants : agitations, crises, comportement irrationnel. C’est d’ailleurs pour cela que la drogue, autrefois utilisée en psychiatrie pour lutter contre des névroses anxieuses et même des psychoses comme la schizophrénie, a été retirée du marché.

Ses effets sont imprévisibles car chaque patient ne réagit pas de la même façon. Une consommation, surtout si elle est régulière, augmente nettement les risques de développer des troubles psychologiques, aussi bien à court qu’à long terme. À haute dose, elle est à l’origine de paniques, d’anxiété, d’une augmentation de la température corporelle, d’un pouls accéléré qui débouche sur un accroissement de la tension artérielle. En contrepartie, le LSD ne serait pas addictif.

Ces résultats intéressants devraient inciter les scientifiques à mettre en place une nouvelle étude clinique pour évaluer les effets du LSD.

Notes et références

  1. Source : Drogues et dépendances []
  2. Lysergic acid diethylamide (LSD) for alcoholism: meta-analysis of randomized controlled trials. Teri S Krebs, Pål Ørjan Johansen. Journal of Psychopharmacology. []

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