Un hippocampe (en bleu) de petit volume est associé à un plus haut taux de cortisol et une vulnérabilité accrue à la douleur. Image Jorge Armony (traumapsy.com)

Douleurs chroniques : se prémunir contre les effets aggravants du stress

Les personnes souffrant de douleur chronique, à la suite par exemple d’un accident, auraient avantage à se prémunir contre les effets aggravants du stress. Ceci est particulièrement important chez les personnes dont l’hippocampe a un volume plus petit que la moyenne, car elles y seraient davantage vulnérables, selon une étude canadienne publiée dans la revue Brain.

Un hippocampe (en bleu) de petit volume est associé à un plus haut taux de cortisol et une vulnérabilité accrue à la douleur. Image Jorge Armony (traumapsy.com)

L’étude1 réalisée par des neuropsychologues du Centre de recherche de l’Institut universitaire de gériatrie de Montréal (IUGM) montre qu’il existe un lien entre la taille de l’hippocampe, « l’hormone du stress » (la cortisol) et la réponse du cerveau à la douleur.

« Le cortisol, une hormone fabriquée par les glandes surrénales est parfois appelée « l’hormone du stress », car ce dernier active sa sécrétion. Notre étude démontre qu’un hippocampe de petit volume est associé à un plus haut taux de cortisol, ce qui amène une vulnérabilité accrue à la douleur et augmenterait le risque de développer une chronicité de cette douleur »,

explique Étienne Vachon-Presseau, auteur principal de l’étude.

Pour sa part, le Dr Pierre Rainville qui a dirigé cette recherche précise :

« Notre recherche permet de mieux comprendre les mécanismes neurobiologiques qui expliquent ce lien important entre le stress et la douleur. Que ce soit à la suite d’un accident, d’une maladie ou d’une chirurgie, les événements douloureux de notre vie impliquent souvent un niveau de stress élevé. L’intérêt de ces résultats est qu’ils donnent des pistes aux gens aux prises avec de la douleur pour en diminuer l’impact et peut-être en éviter la chronicité. En effet, en complément à leur traitement médical, les personnes souffrant de douleur peuvent travailler sur leur gestion du stress et leur peur de la douleur avec l’aide d’un psychologue et par divers moyens comme la relaxation ou la méditation. »

Résumé de la recherche

16 patients atteints de lombalgie chronique et un groupe contrôle de 18 sujets sains ont participé à l’étude. Cette dernière a examiné les liens entre quatre facteurs :
1) le taux de cortisol, recueilli par des prélèvements de salive;
2) le rapport clinique de douleur exprimée par les patients le jour du test (auto-perception de leur douleur);
3) le volume de l’hippocampe par imagerie par résonnance magnétique anatomique (IRM); et
4) l’activation du cerveau vue par IRM-fonctionnelle à la suite de stimulations thermiques douloureuses. Les résultats ont montré que les patients atteints de douleurs chroniques ont de manière générale des niveaux plus élevés de cortisol que les sujets du groupe contrôle.

L’analyse des données révèle que les patients dont l’hippocampe est plus petit présentent les taux de cortisol les plus élevés et des réponses plus fortes à la douleur aiguë dans une région du cerveau impliquée dans l’anticipation et l’anxiété liée à la douleur. Cette réponse du cerveau à la douleur reflète également l’intensité de la douleur chronique du patient au moment du scan. Ces résultats appuient le modèle de vulnérabilité à la douleur chronique et suggèrent que les personnes ayant un hippocampe plus petit développent une réponse de stress plus importante qui contribuera à augmenter leur douleur et peut-être leur risque de souffrir de douleur chronique. Cette étude appuie les interventions visant à améliorer la gestion du stress chez les personnes souffrant de douleur chronique2.

Notes et références

  1. The stress model of chronic pain: evidence from basal cortisol and hippocampal structure and function in humans. Etienne Vachon-Presseau, Mathieu Roy, Marc-Olivier Marte, Etienne Caron, Marie-France Marin, Jeni Chen, Geneviève Albouy, Isabelle Plante, Michael J. Sullivan, Sonia J. Lupien & Pierre Rainville. Brain. []
  2. Source : EurekAlert []

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