Le dépendance à la cocaïne : une question de plasticité neuronale

Déterminer pourquoi certaines personnes peuvent contrôler leur usage de la drogue tandis que d’autres sont entraînés dans la dépendance est difficile et a un intérêt tant pour la prévention que pour les soins. Dans une étude qui pourrait contribuer à y répondre, une équipe française rapporte dans la revue Science1 que les rats qui deviennent dépendants de la cocaïne ont des cerveaux moins « souples » que ceux qui ne font qu’y goûter.

rat-cocaineLes chercheurs ont exploré comment la cocaïne influençait la force des connexions entre les neurones du noyau accumbens (structure neurale majeure du système de récompense) chez les rats dépendants ou pas. Le renforcement ou l’affaiblissement de ces connexions, connus sous les termes respectivement de potentialisation et dépression à long terme, est un moyen important pour le cerveau de s’adapter à un contexte toujours changeant.

Les chercheurs ont découvert qu’une fois que les rats avaient appris à mettre leur nez dans un trou du sol pour recevoir une injection de cocaïne, la dépression à long terme diminuait chez tous les animaux. Cet effet persistait chez les rats qui ont commencé à montrer un comportement de dépendance deux mois plus tard. À l’inverse, la dépression à long terme est réapparue chez les rats qui contrôlaient encore leur prise de drogue et n’étaient pas devenus dépendants.

Les chercheurs proposent qu’une faible plasticité neuronale rend plus difficile de changer pour arrêter de consommer la drogue. D’autres recherches seront nécessaires pour déterminer pourquoi une drogue comme la cocaïne affecte la plasticité cérébrale chez certains animaux seulement, mais si les scientifiques arrivent à trouver les interactions moléculaires en jeu dans cet effet ils pourraient disposer de nouvelles cibles pour des thérapies de la dépendance2.

Notes et références

  1. Transition to Addiction Is Associated with a Persistent Impairment in Synaptic Plasticity. Fernando Kasanetz, Véronique Deroche-Gamonet, Nadège Berson, Eric Balado, Mathieu Lafourcade, Olivier Manzoni, Pier Vincenzo Piazza. Science. []
  2. Source : EurekAlert []

Commentaires Clos.

Note aux utilisateurs concernant la publication d'informations médicales :
Publiez uniquement des informations que vous jugez véridiques à la lumière de vos connaissances.
Si les données médicales diffusées ne proviennent pas de votre expérience personnelle, vous devez indiquer les sources (références, liens, etc.).