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Les effets très variables du cannabis

Les effets psychotiques ressentis après la prise de cannabis varient d’une personne à l’autre et selon une nouvelle étude, ils dépendraient de la génétique. Les chercheurs veulent maintenant savoir si ces variances modifient le risque d’émergence d’une schizophrénie.

Plusieurs études ont montré que la consommation de cannabis augmente le risque de survenue de la schizophrénie dans les années qui suivent. Néanmoins, tous les fumeurs ne deviennent pas schizophrènes et il semble donc exister des facteurs favorisants. Des travaux antérieurs ont pointé du doigt les antécédents familiaux de psychose, l’exposition au cours de l’adolescence ou encore l’importance de la consommation. Des chercheurs de l’Inserm se sont intéressés aux facteurs génétiques.

Les chercheurs se sont en particulier intéressés au gène codant pour le récepteur cérébral aux cannabinoïdes (CNR1). Ils ont analysé les variations dans la séquence de ce gène et les effets ressentis par des jeunes lors de leur consommation de cannabis. Pour cela, ils ont interrogé 3 800 étudiants en bonne santé, âgés en moyenne de 20 ans, lors de la visite médicale obligatoire en première année d’étude universitaire. Les questions portaient sur leur éventuelle consommation de cannabis et les effets subjectifs ressentis le cas échéant. En parallèle, 1 200 jeunes ont accepté de participer anonymement à l’enquête génétique.

Parmi les effets suggérés dans le questionnaire utilisé, on retrouve ceux communément admis, comme les sentiments de relaxation, d’euphorie ou d’exacerbation des sens. Figuraient aussi les effets moins connus tels que les syndromes dépressifs passagers, la paranoïa, les crises d’angoisse, les difficultés motrices et cognitives. Figuraient enfin des effets psychotiques, tels que des hallucinations visuelles et auditives.

Les résultats montrent que 44 % des personnes interrogées avaient expérimenté le cannabis au moins une fois dans leur vie, avec un âge d’initiation moyen se situant autour de 16 ans. Ces résultats sont conformes à ceux des études menées en population générale.

Cette nouvelle étude indique en outre que, parmi les personnes interrogées qui avaient déjà consommé du cannabis, environ une sur cinq a déjà ressenti un effet de type psychotique lors d’une de ces expériences.

Facteurs génétiques de prédisposition

L’analyse génétique a montré que ce trait était corrélé à certains variants génétiques du récepteur aux endocannabinoïdes CNR1, récepteur sur lequel agit le THC (Tétrahydrocanabinol, principal composant du cannabis).

« La variation du gène (l’haplotype « AAA »), présente chez environ 30 % des sujets, semble moins souvent associé aux effets psychotiques que les autres variations. Cela suggère l’existence de facteurs génétiques qui prédisposent à ce type de symptômes, indépendamment des habitudes de consommation »,

explique Marie-Odile Krebs, responsable de cette étude1.

Les chercheurs tentent maintenant d’évaluer le pouvoir prédictif de cette association, ainsi que l’influence éventuelle de certains variants du gène CNR1 sur le risque d’apparition d’une schizophrénie. Pour ce faire, ils étudient de jeunes patients consultants au C’JAAD (consultation spécialisée du service hospitalo-universitaire de l’hôpital Sainte-Anne à Paris) pour des symptômes prodromiques, annonciateurs dans 10 à 30 % des cas d’une évolution vers une schizophrénie.

Ces travaux interpellent sur la sensibilité individuelle à l’usage du cannabis. Un message qui doit passer auprès des jeunes, ils doivent apprendre à reconnaître ces effets délétères qu’ils peuvent être les seuls à ressentir2.

Notes et références

  1. Psychotomimetic effects at initiation of cannabis use are associated with cannabinoid receptor 1 (CNR1) variants in healthy students.
    M O Krebs, Y Morvan, T Jay, R Gaillard, O Kebir
    Molecular psychiatry []
  2. Via Inserm []

Commentaires Clos.

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