Lésions de la moelle épinière : espoir pour améliorer la guérison

Les lésions à la moelle épinière ont souvent des conséquences dramatiques, Environ la moitié des personnes victimes d’une telle blessure à la suite d’un accident sont paraplégiques et doivent subir de coûteuses hospitalisations et longues séances de rééducation.

moelle-epiniereDes chercheurs américains ont fait une découverte qui ouvre la voie à de nouveaux traitements. Une protéine appelée Sur1 joue un rôle crucial dans l’aggravation d’une lésion de la moelle épinière selon cette nouvelle étude publiée dans Science Translational Medicine1.

Paradoxe : un mécanisme de protection aggrave la blessure

Un coup brutal sur la colonne vertébrale peut casser ou disloquer des vertèbres qui écrasent et détruisent alors des axones, ces extensions des cellules nerveuses où transitent dans la moelle épinière les signaux entre le cerveau et le reste du corps. Même si la moelle épinière ne va pas s’autodétruire après une grave blessure, le paradoxe est qu’en tentant de se protéger elle va encore plus endommager ses propres cellules.

Codée par le gène Abcc8 activé après blessure, la protéine Sur1 fait partie du mécanisme de défense qui protège les cellules de la mort due à une entrée excessive de calcium. Sur1 permet d’introduire aussi du sodium, ce qui aide à réduire les quantités de calcium entrant dans les cellules. Lors d’une grave blessure cependant, ce mécanisme protecteur se détraque et la protéine Sur1 est suractivée, entraînant alors une entrée incontrôlée de sodium qui devient fatale aux cellules.

Agir rapidement après lésion de la moelle épinière

Marc Simard et ses collègues de l’université du Maryland à Baltimore ont découvert en étudiant après lésion le tissu de la moelle épinière chez l’homme et les rongeurs que le même mécanisme de mort cellulaire et de destruction cellulaire impliquant Sur1 est en jeu aussi bien chez l’homme que chez la souris ou le rat. En supprimant l’expression du gène Abcc8, les chercheurs ont réussi à stopper chez la souris le processus d’auto-destruction et à améliorer la récupération à long terme de la moelle épinière endommagée. Ils montrent chez le rat que s’ils arrêtent brièvement l’expression de Abcc8 à l’aide d’un oligonucléotide, une petite séquence d’ADN simple brin spécifique du gène, les lésions après blessures de la moelle épinière sont beaucoup plus limitées (75% de lésions en moins).

L’étude indique qu’un traitement avec cet oligonucléotide aussi rapide que possible après lésion de la moelle épinière pourrait réduire chez les patients la destruction des tissus qui suit et améliorer leur restauration à long terme. Les chercheurs indiquent par ailleurs qu’un médicament inhibiteur de Sur1 (glibenclamide) a également permis d’obtenir des résultats prometteurs2.

  1. Brief Suppression of Abcc8 Prevents Autodestruction of Spinal Cord After Trauma. J. Marc Simard, S. Kyoon Woo, Michael D. Norenberg, Cigdem Tosun, Zheng Chen, Svetlana Ivanova, Orest Tsymbalyuk, Joseph Bryan, Douglas Landsman & Volodymyr Gerzanich. Science Translational Medicine []
  2. Source : EurekAlert []

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