Alzheimer : une signature biologique pour un diagnostic précoce et précis

La présence d’une signature biologique particulière peut permettre de diagnostiquer la maladie d’Alzheimer avec un haut degré de précision, et ce, des années avant l’apparition de symptômes, affirment des chercheurs belges.

Comparaison d'un cerveau normal âgé (gauche) et du cerveau d'un patient atteint d'une maladie d'Alzheimer (droite). Source : Wikipédia.

La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui entraîne la perte progressive et irréversible des des facultés cognitives. Elle affecte généralement les personnes de plus de 65 ans et s’accompagne d’une panoplie de symptômes très pénibles. Selon l’OMS, environ 37 millions de personnes dans le monde, dont 5,3 millions aux Etats-Unis. En Europe plus de cinq millions d’individus en souffrent et ce nombre devrait doubler dans les 20 ans. A l’heure actuelle, il n’existe pas de traitements susceptibles de la soigner mais certains médicaments peuvent freiner son évolution.

Une « signature biologique » très spécifique

Geert De Meyer de l’université Ghent en Belgique et ses collègues de l’ADNI (Alzheimer’s Disease Neuroimaging Initiative) ont analysé des données provenant de plus de 400 personnes âgées : 114 personnes aux fonctions cognitives normales, 200 ayant des troubles cognitifs légers et 102 atteintes de la maladie d’Alzheimer.

Ils ont identifié une « signature biologique » très spécifique qui se compose de trois molécules présentes dans le liquide cérébro-spinal (ou encore appelé liquide céphalo-rachidien), le liquide dans lequel baignent le cerveau et la moelle épinière. Cette signature présente chez 90% des sujets atteints d’Alzheimer, 72% des personnes souffrant de troubles cognitifs légers et 36% des personnes aux fonctions cognitives normales.

« Les résultats ont été validés sur deux autres ensembles de données »,

écrivent les auteurs.

« Dans une étude comprenant 68 autopsies de malades confirmés, 64 des 68 patients (94 pour cent de sensibilité) ont été diagnostiqués correctement grâce aux marqueurs. Dans un autre ensemble de données avec des patients (n = 57) ayant une déficience cognitive légère suivis pendant cinq ans, le modèle a montré une sensibilité de 100 pour cent chez les patients évoluant vers la maladie d’Alzheimer. »

Les résultats sont publiés dans la revue spécialisée Archives of Neurology1.

« Les scientifiques étaient en quête d’un marqueur biologique de la maladie d’Alzheimer depuis la fin des années 1990. »

Les auteurs soulignent que la communauté scientifique pense habituellement que « le début du processus pathogène de la maladie d’Alzheimer précède les premiers symptômes de 10 ans ou plus ».

Mais le fait que les marqueurs biologiques aient été présents chez plus d’un tiers des sujets sans troubles cognitifs suggère que la maladie est active et détectable encore plus tôt qu’on ne l’imaginait.

Les scientifiques étaient en quête d’un marqueur biologique de la maladie d’Alzheimer depuis la fin des années 1990.

Un dépistage très précoce des « candidats » à Alzheimer pourrait ouvrir la voie à des traitements tout aussi précoces pour freiner l’évolution de la maladie.

Notes et références

  1. Arch Neurol. 2010;67[8]:918-920. []

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