cafe

Maladie d’Alzheimer : nouvelles preuves en faveur du rôle protecteur du café

De nouvelles études chez la souris montrent les effets bénéfiques de la caféine dans la maladie d’Alzheimer. Ces travaux appuient les observations antérieures suggérant un effet protecteur de la caféine sur certaines pathologies cérébrales.

La maladie d’Alzheimer et les maladies apparentées concernent 800 000 personnes en France. Ces pathologies représentent la première cause de perte des fonctions intellectuelles liée à l’âge. Les altérations cognitives observées dans la maladie d’Alzheimer sont notamment le résultat de l’accumulation d’une protéine altérée – la protéine Tau – dans les cellules nerveuses en dégénérescence. La consommation habituelle de caféine est connue pour réduire le déclin cognitif au cours du vieillissement et le risque de développer une démence. Cependant, les effets de la caféine sur les pathologies liées à la protéine Tau, et dont fait partie la maladie d’Alzheimer, autrement appelées Tauopathies, n’étaient pas clairement élucidés.

Une équipe française1 vient de montrer, chez la souris, qu’une consommation habituelle de caféine prévient des déficits de mémoire et de certaines modifications de la protéine Tau. Pour parvenir à ce résultat, de jeunes souris transgéniques, qui développent progressivement avec l’âge une neurodégenerescence liée à la protéine Tau, ont reçu durant 10 mois de la caféine par voie orale.

« Les souris traitées par la caféine ont développé une pathologie moins importante du point de vue de la mémoire, des modifications de la protéine Tau mais également de la neuro-inflammation »

explique David Blum, auteur principal de ce travail.

Cette étude fournit la preuve expérimentale d’un lien entre consommation de caféine et les pathologies liées à la protéine Tau dans un modèle de neurodégénérescence de la maladie d’Alzheimer. Cette étude indique également que la caféine agirait sur différents dysfonctionnements cérébraux impliqués dans la maladie d’Alzheimer pour exercer ses effets bénéfiques.

“Ces travaux vont dans le sens d’une contribution importante des facteurs environnementaux dans le développement de la maladie d’Alzheimer, souligne le chercheur. Aux vues de ces résultats, nous souhaitons maintenant d’une part identifier la cible moléculaire responsable des effets bénéfiques de la caféine et, d’autre part, mettre sur pied un essai clinique à base de caféine chez des patients atteints de la maladie d’Alzheimer ”

ajoute-t-il.

Les résultats de ces recherches sont détaillés dans la revue Neurobiology of Aging2.

Notes et références

  1. Travaux réalisés par le Dr. David Blum et son équipe du laboratoire « Alzheimer & Tauopathies » de l’unité mixte de recherche 837 (Inserm/Université Lille 2/Université Lille Nord de France/CHRU de Lille) dirigée par le Dr. Luc Buée. []
  2. Beneficial effects of caffeine in a transgenic model of Alzheimer’s disease-like tau pathology.
    Cyril Laurent, Sabiha Eddarkaouia, Maxime Derisbourg, Antoine Leboucher, Dominique Demeyer, Sébastien Carrier, Marion Schneider, Malika Hamdane, Christa E. Müller, Luc Buée, David Blum.
    Neurobiology of Aging. []

Commentaires Clos.

Note aux utilisateurs concernant la publication d'informations médicales :
Publiez uniquement des informations que vous jugez véridiques à la lumière de vos connaissances.
Si les données médicales diffusées ne proviennent pas de votre expérience personnelle, vous devez indiquer les sources (références, liens, etc.).