Maladie de Parkinson : les mitochondries sont délaissées par les cellules nerveuses

Le cerveau humain consomme environ 20 % d’énergie alors qu’il ne représente que 2 % du poids corporel. Selon une nouvelle étude parue dans la revue Science Translational Medicine1, dans la maladie de Parkinson les cellules nerveuses délaissent leurs mitochondries, qui sont chargés de fournir l’énergie aux cellules. Ces résultats indiquent que la stimulation précoce des centrales énergétiques des cellules, les mitochondries, pourrait permettre d’éviter ou de retarder l’apparition de la maladie de Parkinson.

Cette affection inexorable qui touche approximativement 5 millions de personnes dans le monde débute par la mort de neurones à dopamine dans le cerveau des années avant que n’apparaissent les premiers symptômes typiques que sont les tremblements, la rigidité musculaire et les mouvements ralentis. Dans cette étude les chercheurs ont montré qu’un groupe clé de gènes défaillants dans le cerveau des patients est sous le contrôle d’un régulateur, le gène PGC-1α (PGC-1 Alpha). De plus, l’expression réduite des gènes régulés par ce gène PGC-1α survient aux premiers stades de la maladie, bien avant la manifestation des symptômes. Des médicaments capables de ralentir ou d’arrêter la maladie seraient d’autant plus efficaces qu’ils agiraient aux premiers stades, avant qu’un trop grand nombre de neurones à dopamine ne soit morts.

Les chercheurs ont analysé une partie du cerveau appelée substance noire (substantia nigra en latin) dans 185 échantillons de tissus prélevés chez des patients décédés. Cette partie contient des neurones produisant la dopamine. L’équipe a utilisé un faisceau laser pour découper précisément les neurones à dopamine qui sont anormaux chez les patients. Puis les chercheurs ont étudié l’activité des gènes dans ces cellules et identifié des groupes, associés à des processus biologiques, en lien avec la maladie. Il en résulte de cette analyse 10 groupes de gènes, codant pour des protéines intervenant dans l’activité mitochondriale et la production d’énergie. L’une de ces composantes est la chaîne de transport des électrons, une série de réactions sous le contrôle de la mitochondrie qui produit l’énergie dont la cellule a besoin pour fonctionner.

mitochondrie

D’autres études avaient déjà évoqué la défaillance de l’un des cinq complexes intervenant dans la chaîne de transport des électrons chez les patients. Les chercheurs ont trouvé ici que ce n’était pas une mais pratiquement toutes les composantes nécessaires à la formation de la chaîne de transport des électrons qui étaient défaillantes2.

Notes et références

  1. PGC-1alpha, A Potential Therapeutic Target for Early Intervention in Parkinson’s Disease. Bin Zheng, Zhixiang Liao, Joseph J. Locascio, Kristen A. Lesniak, Sarah S. Roderick, Marla L. Watt, Aron C. Eklund, Yanli Zhang-James, Peter D. Kim, Michael A. Hauser, Edna Grünblatt, Linda B. Moran, Silvia A. Mandel, Peter Riederer, Renee M. Miller, Howard J. Federoff, Ullrich Wüllner, Spyridon Papapetropoulos, Moussa B. Youdim, Ippolita Cantuti-Castelvetri, Anne B. Young, Jeffery M. Vance, Richard L. Davis, John C. Hedreen, Charles H. Adler, Thomas G. Beach, Manuel B. Graeber, Frank A. Middleton, Jean-Christophe Rochet, Clemens R. Scherzer & Global PD Gene Expression (GPEX) Consortium. Science Translational Medicine. []
  2. Source : Communiqué EurekAlert []

Commentaires Clos.

Note aux utilisateurs concernant la publication d'informations médicales :
Publiez uniquement des informations que vous jugez véridiques à la lumière de vos connaissances.
Si les données médicales diffusées ne proviennent pas de votre expérience personnelle, vous devez indiquer les sources (références, liens, etc.).