Une nouvelle technique de microchirurgie de pointe pour l’épilepsie réfractaire

micro-chirurgieDes cliniciens canadiens du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) ont peaufiné une nouvelle technique de microchirurgie de pointe (autrefois considérée trop dangereuse) pour contrôler l’épilepsie insulaire réfractaire. Selon une étude publiée dans le journal de référence en neurochirurgie, le Journal of Neurosurgery, cette nouvelle technique chirurgicale est sure pour les patients et leur est bénéfique.

« Des observations récentes par notre groupe ainsi que d’autres confirment l’implication de l’insula (le lobe de l’insula) dans un nombre insoupçonné de cas d’épilepsie réfractaire. La non-reconnaissance de crises insulaires est probablement responsable de certains échecs antérieurs de la chirurgie d’épilepsie »,

souligne le Dr Alain Bouthillier, neurochirurgien au CHUM et professeur à la Faculté de médecine de l’Université de Montréal.

Longtemps mise de côté dans le traitement de l’épilepsie réfractaire, la chirurgie de l’insula est encore rarement pratiquée en raison des risques de dommages à certaines structures importantes du cerveau.

Des tentatives précédentes de réséquer l’insula (retirer un partie du lobe de l’insula) résultaient en un taux élevé de complications, notamment l’hémiparésie (paralysie partielle) et la dysphasie (perte du langage). Cependant, une meilleure connaissance de l’anatomie du cerveau, dont du cortex cérébral et de son système vasculaire, combinée avec l’utilisation de techniques de microchirurgie, permettent dorénavant la chirurgie de l’insula, avec des risques grandement diminués pour le patient.

« ll s’agit de la première cohorte composée de patients traités principalement pour épilepsie réfractaire par cette technique depuis les travaux du neurochirurgien Wilder Penfield dans les années 1950 »,

ajoute le Dr Ramez Malak, résident en neurochirurgie et également un des investigateurs.

Méthodologie

L’étude rétrospective sur 10 ans évaluait les cas de patients présentant une épilepsie insulaire réfractaire. Afin de confirmer le foyer épileptique, des électrodes intracérébrales furent utilisées, le chirurgien faisant appel à la neuronavigation guidée par l’imagerie cérébrale par résonance magnétique. Ensuite, l’insulectomie était soit pratiquée

– comme étape d’une insulo-operculectomie, où l’insula et l’opercule (partie constituante des bords du sillon profond qui sépare les lobes frontal, temporal et pariétal du cerveau) sont complètement enlevés;
– par une résection du lobe temporal antérieur avec insulectomie;
– ou bien encore strictement comme insulectomie.

Résultats

Neuf patients furent traités avec succès par chirurgie insulaire, soit sept pour épilepsie réfractaire sans présence de tumeur et deux avec épilepsie réfractaire associée à la présence de tumeurs. Après la chirurgie, certains patients ont présenté des complications (hémiparésie, dysphasie), mais transitoires, qui disparaissaient en l’espace de quelques jours à quelques semaines après l’intervention. À titre d’exemple d’un de ces cas, une patiente faisant régulièrement des épisodes épileptiques, malgré plusieurs essais avec des anticonvulsifs différents, n’a plus eu de crises depuis la chirurgie, et aucune complication. Elle a pu également cesser la prise d’anticonvulsants.

Le role de l’insula

L’insula constitue l’un des lobes du cerveau. Son rôle est encore mal connu mais ses multiples connections cérébrales reflètent son implication dans un vaste éventail de fonctions : autonomique, sensitive, motrice, langagière, auditive, olfactive, gustative et limbique (émotion).


Référence :
Article :
Microsurgery of epileptic foci in the insular region
Auteurs : Ramez Malak, Alain Bouthillier, Lionel Carmant, Patrick Cossette, Normand Giard, Jean-Marc Saint-Hilaire, Dong Bach Nguyen, Dang Khoa Nguyen
Journal de publication : Journal of Neurosurgery
doi: 10.3171/2009.1.JNS08807

Source : UdeM – CHUM

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