L’autocritique serait le médiateur de l’hyperphagie boulimique

hyperphagie-boulimiqueL’hyperphagie boulimique (binge eating disorder en anglais) est un trouble alimentaire caractérisé par l’ingurgitation, sur une courte période (moins de deux heures), d’une grande quantité de nourriture suivie d’un sentiment de dégoût, de dépression et de culpabilité. Le diagnostique est établie lorsque ces épisodes se répètent au moins une à deux fois par semaine pendant plusieurs mois. C’est un trouble psychiatrique similaire à d’autres troubles alimentaires, comme la boulimie sans la purge compensatoire et l’hyperphagie compulsive sans l’obsession alimentaire. En fait, chez certains malades, la nourriture a une connotation négative. En outre, jusqu’ici, les chercheurs connaissaient mal les causes sous-jacentes de la maladie.

Autocritique acquise et insatisfaction corporelle

David M. Dunkley, chercheur psychiatrique et psychologue clinique à l’Institut Lady Davis de recherches médicales de Montréal (Canada), de même que ses collègues ont étudié un groupe de 170 hyperphages boulimiques et ont découvert que la gravité de leur état – plus grande insatisfaction corporelle et symptômes de dépression – semble liée à des expériences d’abus sexuels ou émotionnels qui remontent à l’enfance et favorisent l’autocritique. Les conclusions de leurs travaux ont été récemment publiées dans le International Journal of Eating Disorders1.

« Contrairement aux abus physiques et à la négligence émotionnelle, les cas d’abus sexuels ou émotionnels de l’enfance sont associés à une plus grande insatisfaction corporelle chez l’hyperphage boulimique »

explique M. Dunkley.

Selon une étude américaine par des chercheurs de la Harvard Medical School, 3.5% des femmes et 2% des hommes seraient concernés par l’hyperphagie boulimique à un moment de leur vie2. Comparativement, l’anorexie est présente chez moins de 1% des femmes et 0.3 % des hommes tandis que la boulimie se retrouve chez 1.5% des femmes et 0.5% des hommes.

« Je suggère fortement que les thérapeutes se concentrent sur l’autocritique dans les cas d’hyperphagie boulimique où de mauvais traitements durant l’enfance sont possibles,

poursuit M. Dunkley.

D’autres théories ont été étudiées, dont celle qui veut que les abus émotionnels de l’enfance conduiraient à la dépression qui à son tour mènerait à l’insatisfaction corporelle et à l’autocritique. Mais tel ne semble pas le cas. L’autocritique serait le médiateur. Sans elle, on ne note aucune progression vers une plus grande insatisfaction corporelle de l’hyperphage boulimique3.

Notes et références

  1. Childhood maltreatment, depressive symptoms, and body dissatisfaction in patients with binge eating disorder: The mediating role of self-criticism. David M. Dunkley, Robin M. Masheb, Carlos M. Grilo. International Journal of Eating Disorders. []
  2. The Prevalence and Correlates of Eating Disorders in the National Comorbidity Survey Replication. James I. Hudson, Eva Hiripi, Harrison G. Pope, Jr., and Ronald C. Kessler. Biological Psychiatry []
  3. Adapté du communiqué de presse l’Institut et Hôpital neurologiques de Montréal []

Un Commentaire

  1. moi aussi je me leve la nuit pour manger en 2007 je pesais 66 kg pour 1m75 et j ai eu un gros probleme de separation avec mon ex qui me rabaisser plus bas que terre aujourd hui je pese 88 kg et j arrive pas en guerir je me leve la nuit pour manger sans avoir faim je sais plus quoi faire je me degoutte et je prend plus soin de moi merci

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