Drogues et adolescence : protéger les jeunes aux comportements à risques

Les jeunes garçons agressifs et hyperactifs, peu encadrés par leurs parents, sont plus susceptibles de se lier d’amitié avec des enfants au comportement déviant et à devenir des consommateurs de drogues à l’adolescence, selon les résultats d’une étude canadienne publiés dans la revue Addictive Behaviors1.

Les chercheurs de l’Université de Montréal et du CHU de Sainte-Justine de Montréal affirment que ces « mauvais garçons » peuvent être protégés du risque de toxicomanie à l’adolescence s’ils sont étroitement encadrés par leurs parents et se lient d’amitié avec des garçons au comportement plus sage pendant l’enfance.

La surveillance des parents exerce un effet protecteur sur les garçons difficiles et réduit la probabilité qu’ils se lient d’amitié avec des homologues au comportement déviant, selon l’auteur principal de cette étude, Jean-Sébastien Fallu, professeur de psychoéducation à l’Université de Montréal.

« Les garçons au comportement perturbateur sont plus enclins à avoir des comportements agressifs et impulsifs. Ces adolescents pourraient avoir besoin que leurs parents leur imposent davantage de limites qu’à ceux qui possèdent de solides mécanismes de contrôle interne. »

Le coauteur de cette recherche, Richard Tremblay, professeur de pédiatrie, de psychiatrie et de psychologie à l’Université de Montréal et chercheur CHU Sainte-Justine, explique que les enfants agressifs sont plus susceptibles des consommateurs abusifs de drogues que leurs homologues non agressifs et que ce risque augmente sensiblement s’ils se lient d’amitié avec des enfants au comportement déviant.

« Les pairs au comportement déviant se tiennent souvent ensemble et s’influencent mutuellement »,

explique le Dr Tremblay, qui est également directeur fondateur du Centre d’excellence pour le développement des jeunes enfants de Montréal.

Cette étude est basée sur des données provenant d’une enquête de longue durée ayant suivi des enfants de milieux socioéconomiques défavorisés, de la maternelle jusqu’à l’adolescence.

« Notre recherche a aussi montré que les enfants au comportement perturbateur qui sont étroitement encadrés par leurs parents, mais présentant des troubles de l’attachement, sont aussi de forts consommateurs de drogues »,

indique le Dr Tremblay.

Inversement, explique Jean-Sébastien Fallu,

« Les garçons au comportement perturbateur bien surveillés sont plus susceptibles de se lier d’amitié avec des enfants au comportement mieux adapté. Dans ce cas, ils pourraient bénéficier d’une influence positive en matière de socialisation ou de conformité aux normes sociales largement acceptées. »

Source : UdeM Nouvelles

Notes et références

  1. Preventing disruptive boys from becoming heavy substance users during adolescence: A longitudinal study of familial and peer-related protective factors. Jean-Sébastien Fallu, Michel Janosz, Frédéric Nault-Brière, Ariane Descheneaux, Frank Vitaro et Richard E. Tremblay. Addictive Behaviors. []

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