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En temps de crise, les riches s’accrochent à leurs biens, les pauvres s’entraident

On croit souvent que les crises rapprochent les gens. Une étude américaine montre que, si les pauvres ont en effet tendance à aller les uns vers les autres, les riches ont eux tendance à s’accrocher à leurs biens matériels.

« En période d’incertitude, nous voyons une polarisation très forte entre riches et pauvres pour faire face à la situation, avec les plus riches s’accrochant à leurs biens ou cherchant à atteindre plus de richesse et les pauvres passant plus de temps avec leurs amis et leurs proches »,

explique Paul Piff, chercheur post-doctoral en psychologie à l’Université de Berkeley (Californie, Etats-Unis) et auteur principal de l’article publié dans la revue Journal of Personality Psychology et social1

Les résultats obtenus grâce à une série de petites expériences apportent un nouvel éclairage sur la façon dont les êtres humains issus de divers milieux socio-économiques peuvent répondre au désordre suite à une catastrophe naturelle ou une crise d’origine humaine, comme les récessions économiques ou l’instabilité politique. Ces résultats expliquent aussi pourquoi, en période de crise, on assiste à une polarisation encore plus grande de la population pour faire face à l’incertitude et au chaos.

Par exemple, lorsqu’on a demandé aux participants de l’étude s’ils étaient prêts à déménager à l’autre bout du pays pour obtenir un emploi mieux rémunéré, les participants issus de milieux socio-économiques modestes ont répondu qu’ils refuseraient l’offre pour rester près de leurs amis, famille et collègues. En revanche, les participants de milieux socio-économiques « supérieurs » font le choix de prendre le travail et couper tous liens avec leur entourage.

L’étude ne fournit pas de raison pour expliquer pourquoi la « classe supérieure », lorsqu’elle est soumise à des pressions, se concentre davantage sur les biens matériels plutôt que les relations, en revanche elle renforce l’idée selon laquelle « la richesse matérielle peut être un moyen d’adaptation évident, accessible et pratique… quand ils sont menacés par la perception de désordre au sein de l’environnement social. »

Le chaos est défini dans l’étude comme « le sentiment que le monde est inconnu, imprévisible, aléatoire … un sentiment général que le monde et la vie de chacun est incertaine et sens dessus dessous. » Cette incertitude se déclenche généralement soit un désir de lutte ou de fuite ou de se lier d’amitié, ce que les chercheurs ont utilisé pour évaluer les réactions des participants au stress induit.

« Compte tenu de la façon très différentes de faire face entre les milieux socioé-conomiques supérieures et inférieures, notre recherche suggère que dans les périodes d’incertitude économique et d’instabilité sociale, les disparités entre les nantis et les démunis pourraient devenir de plus en plus large, »

conclut le chercheur.

Notes et références

  1. Paul K. Piff, Daniel M. Stancato, Andres G. Martinez, Michael W. Kraus, Dacher Keltner. Class, Chaos, and the Construction of Community. Journal of Personality and Social Psychology, 2012; DOI: 10.1037/a0029673. []

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