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Les enfants victimes de maltraitance peuvent garder des séquelles physiques à l’âge adulte

Les personnes victimes de violence durant leur enfance peuvent garder des séquelles psychologiques à l’âge adulte. Une étude canadienne montre que ces enfant peuvent également garder des séquelles physiques durables.

Les scientifiques1 ont en effet émis l’hypothèse que le stress dans la petite enfance entraînait des changements physiologiques qui influaient sur la réponse de la victime à ce stress et l’exposaient ainsi davantage aux maladies ultérieurement. Et effectivement, les chercheurs ont découvert que la maltraitance durant l’enfance était à l’origine de modifications physiologiques qui pouvaient accroître le risque de maladie cardiovasculaire.

Les chercheurs ont examiné la réponse biologique du corps au stress naturel.

« Nous voulions déterminer si la violence subie pendant l’enfance pouvait avoir des incidences durables sur la réponse physiologique au stress dans la vie quotidienne,

explique le professeur Gouin, coordinateur de l’étude.

Des recherches antérieures avaient évalué l’impact de la violence en bas âge sur la réponse au stress chez les jeunes adultes, mais nous souhaitions vérifier leurs conclusions auprès de personnes plus âgées. »

Les chercheurs ont donc interrogé 130 personnes, âgées en moyenne de 65 ans, au sujet d’événements éprouvants récents et des sévices qu’elles avaient subis durant leur enfance. Un entretien avec les participants a par ailleurs permis d’évaluer la fréquence des facteurs de stress quotidiens au cours des 24 heures précédentes. Ces facteurs incluaient « se disputer avec son conjoint » et « être coincé dans un embouteillage et par conséquent arriver en retard à un rendez-vous important ». Des échantillons de sang ont ensuite été prélevés auprès des sujets afin de mesurer les niveaux de trois marqueurs biologiques.

Les résultats de l’expérience, récemment parus dans la publication Annals of Behavioral Medicine2, ont montré qu’il existait de nettes différences entre les deux groupes étudiés à l’égard d’un des trois marqueurs biologiques. Chez les victimes de violence qui avaient signalé de nombreux facteurs de stress au cours des 24 heures précédentes, les niveaux d’interleukine-6 (IL-6) étaient en effet plus de deux fois plus élevés que ceux des participants ayant rapporté de multiples facteurs de stress quotidiens, mais aucun mauvais traitement dans le passé.

Ce constat révèle que l’impact de la violence en bas âge peut durer bien après que les victimes sont devenues adultes.

« Si la production de marqueurs inflammatoires comme l’IL-6 est essentielle à la lutte contre les infections aiguës, une surproduction peut entraîner le développement de troubles liés à l’âge comme les maladies cardiovasculaires. Une production exagérée d’IL-6 en réponse aux facteurs de stress quotidiens peut donc donner lieu à un état physiologique qui, au fil des ans, augmente le risque de maladie cardiovasculaire »,

conclut le Pr Gouin3.

Notes et références

  1. Une équipe de chercheurs de l’université Concordia au Canada et de l’Université d’État de l’Ohio et de l’Université du Missouri, coordonnée par Jean?Philippe Gouin, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur le stress chronique et la santé au Département de psychologie de Concordia. []
  2. Childhood Abuse and Inflammatory Responses to Daily Stressors. Jean-Philippe Gouin, Ronald Glaser, William B. Malarkey, David Beversdorf, Janice K. Kiecolt-Glaser. Annals of Behavioral Medicine. []
  3. Source : Concordia. []

Commentaires Clos.

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