Surmonter ses regrets ? Il faut se comparer à plus mal loti que soi

« Non, je ne regrette rien » chantait Edith Piaf. Et pourtant, nombreux sont ceux dont la vie recèle une part de regrets. Or, pour surmonter ceux-ci, il suffirait de se comparer avec les plus défavorisés plutôt que d’envier les mieux lotis, selon une étude canadienne de l’Université Concordia. Publiée dans la revue spécialisée Personality and Social Psychology Bulletin1, cette recherche présente des répercussions pour les jeunes et moins jeunes.

« Notre étude a examiné comment les jeunes adultes et leurs aînés réagissent aux regrets de leur vie,

explique Isabelle Bauer, l’auteure de l’étude.

Un mécanisme d’adaptation commun est celui de la comparaison sociale, qui peut avoir des effets positifs ou négatifs, selon que les gens pensent pouvoir se défaire de leurs regrets ou non. »

« Généralement, les gens se sentent mieux lorsqu’ils se comparent avec les plus mal lotis. À l’inverse, lorsqu’ils se comparent avec les mieux lotis, ils peuvent se sentir plus mal, »

poursuit la chercheuse.

Une question de santé physique

Si les gens ne peuvent se défaire de leurs regrets, le fait de se comparer avec les plus défavorisés peut avoir un effet marqué sur leur santé physique. En effet, les participants ayant effectué une comparaison sociale vers le bas ont rapporté moins de symptômes de rhume et une incidence positive sur leur bien-être émotionnel au cours des mois suivants.

« Le trouble émotionnel causé par les regrets peut déclencher un dysfonctionnement biologique des systèmes hormonaux et immunitaires qui rend les gens plus vulnérables aux problèmes de santé cliniques, qu’il s’agisse d’un rhume ou éventuellement de problèmes à plus long terme. Notre étude montre que la comparaison sociale vers le bas peut améliorer le bien-être émotionnel et contribuer à prévenir les problèmes de santé »,

affirme Carsten Wrosch, directeur de l’étude.

Jeunes et moins jeunes

Pour l’étude, 104 adultes d’âges variés ont répondu à un sondage sur leurs plus grands regrets, depuis le manque de temps passé avec leur famille jusqu’à un mauvais mariage. On a ensuite demandé aux participants de comparer la gravité de leurs propres regrets avec ceux d’autres personnes de leur âge.

À la différence des études précédentes sur le même sujet, l’âge ne déterminait pas à quel point les gens acceptaient les regrets de leur vie.

« L’efficacité des mécanismes d’adaptation dépendait davantage de la perception d’un individu de sa capacité à changer d’attitude face à ses regrets que de son âge. Le fait d’aller de l’avant et de pouvoir maintenir un équilibre émotionnel satisfaisant dépend grandement de la possibilité pour un individu de corriger la cause de ses regrets, »

conclue Isabelle Bauer2.

Notes et références

  1. Isabelle Bauer et Carsten Wrosch. Making Up for Lost Opportunities: The Protective Role of Downward Social Comparisons for Coping With Regrets Across Adulthood. Personality and Social Psychology Bulletin. []
  2. Source : EurekAlert.
    Isabelle Bauer est à présent attachée de recherche au Centre des sciences de la santé Sunnybrook et psychologue clinicienne pour Cognitive Behavioural Therapy Associates à Toronto. Carsten Wrosch est professeur au Département de psychologie de Concordia et membre du Centre de recherche en développement humain. []

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