Microstructures : premiers résultats encourageants dans le dépistage et le traitement de l’hépatite C

Nouvelle médecine pratique

fumeur-crackLes microstructures médicales sont nées de la nécessité constante d’adaptation de l’outil de prévention et de soin aux changements de priorités de santé publique qui évoluent très vite. Cette nouvelle médecine pratique se veut en effet apte à s’adapter aux évolutions du terrain. Elles se limitent à ce jour au champ des addictions. Imaginées au départ comme un moyen de pallier les défauts des pratiques médicales devant les mésusages des médicaments de substitution, elles accueillent aujourd’hui les nouvelles addictions en s’y adaptant d’emblée et en offrant aux usagers les solutions thérapeutiques pertinentes.

Premiers résultats encourageants

Les microstructures s’avèrent être un outil thérapeutique performant dans la lutte contre les co-morbidités liées aux pratiques addictives. Des premiers résultats encourageants, publiés dans le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) de l’Institut de Veille Sanitaire (InVS), ont été obtenus dans le dépistage et le traitement de l’hépatite C.

Alors que le risque de contamination par le virus de l’hépatite C (VHC) est élevé chez les usagers de drogues, le dépistage et le traitement de l’hépatite C chronique sont encore limités dans cette population. Cette étude a évalué l’impact sanitaire du dispositif des microstructures médicales sur le dépistage, le suivi et le traitement des patients présentant une addiction, et qui y sont inscrits.
En partenariat avec le Pôle de référence « Hépatites virales » des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, le réseau des microstructures médicales « RMS Alsace » a suivi pendant deux ans 526 usagers de drogues et 111 patients non à risque. Un dépistage du VHC, réalisé chez 80% des usagers de drogues, a montré que 39% d’entre eux étaient séropositifs contre 4,5% chez les patients non à risque. Le taux de séropositivité des usagers de drogues variait avec l’âge : 7% des moins de 30 ans vs 80% des plus de 45 ans étaient infectés. Par ailleurs, la pratique de l’injection était majoritaire chez les plus âgés. Les moins de 30 ans semblaient l’abandonner au profit du sniff. Dans 88% des cas, la sérologie a été complétée par le dosage de l’ARN du VHC. La prise en charge thérapeutique a pu être effectuée chez 43 patients, soit 40% des patients ARN-VHC positif.
Ces résultats, plus favorables que ceux rapportés dans la littérature, montrent bien que le dispositif en réseau des microstructures médicales a un impact sanitaire favorable dans le dépistage, le suivi et le traitement de l’hépatite C chez les patients qui y sont pris en charge.
Le suivi de la cohorte dans les années à venir complètera ces informations, en particulier sur les éventuels changements de pratiques de consommation et leur influence sur les risques de contamination du VHC par le sniff.

La microstructure

La microstructure est un microcentre de soins pour les patients pharmacodépendants au sein du cabinet du médecin généraliste. S’adjoignent au médecin, dans son cabinet, à des plages horaires fixes, un psychologue et un travailleur social qui assurent, avec lui, le suivi de ces patients. Le pharmacien d’officine peut, au cas par cas, être sollicité en raison de l’importance que peut prendre la délivrance des produits prescrits. Chaque mois, l’équipe de la microstructure se réunit en synthèse. Elle analyse la situation des patients et oriente la conduite à tenir avec chacun d’eux.

La microstructure propose des soins de proximité de qualité non stigmatisants aux personnes présentant un syndrome addictif.

Bref historique des microstructures

Les microstructures ont été mises en place pour la première fois en Alsace en janvier 2000. Fin juin 2005, elles formaient un réseau régional RMS de 555 patients, répartis dans la région, essentiellement en zone urbaine et sub-urbaine. En 2005, a été créé RMS Provence qui comporte quatre microstructures. D’autres projets de réseau sont en cours à Saint-Nazaire et à Reims.
En savoir plus sur la microstructure.

Référence

Article : Dépistage et traitement des hépatites C par le réseau des microstructures médicales chez les usagers de drogues en Alsace, France, 2006-2007
Auteurs : Fiorant Di Nino, Jean-Louis Imbs, George-Henri Melenotte, le réseau RMS3, Michel Doffoel
Journal de publication : Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire

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