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L’épilation du maillot est dangereux pour la santé

Un médecin de l’Université de Washington appelle à mettre un terme à « la guerre contre les poils pubiens » des femmes.

L’épilation de la zone pubienne serait en effet à proscrire d’après le docteur Emily Gibson, dans un article1 paru sur le site d’information médical KevinMD et très relayé dans les différents médias. Bandes de cire, épilateur, rasoir, crème dépilatoire et autres ne permettent pas d’éradiquer à vie les poils, et ne font qu’abimer un peu plus la peau à chaque passage favorisant les infections et maladies sexuellement transmissibles.

« Certaines théories sociologiques suggèrent que l’épilation du maillot est liée aux tendances comme les bikinis ou les strings, à certains acteurs et actrices intégralement épilées, à un désir de retour à l’enfance, à une tentative hygiéniste hasardeuse ou à être simplement plus attirante pour son partenaire »,

écrit-elle.

Mais d’après elle, c’est une erreur, quelle que soit la technique employée.

« Les chirurgiens savent depuis longtemps que raser une partie de la peau l’expose davantage aux infections ».

« Epiler les zones pubiennes irrite les follicules et crée des micro-plaies. Cette inflammation, combinée à la moiteur de l’appareil génital, fait de la zone un terrain privilégié pour les pires bactéries, comme les streptocoques, les staphylocoques dorés et leurs cousins, les staphylocoques dorés résistants à la méticilline ».

« Il y a une augmentation des furoncles et des abcès dus à des staphylocoques qui nécessitent des incisions pour drainer l’infection, ce qui entraîne des cicatrices pouvant être importantes. Il n’est pas du tout rare de trouver des pustules et des papules ainsi que l’inflammation d’autres follicules pileux sur les parties génitales rasées, »

ajoute-t-elle.

Le fait se raser et les relations sexuelles entraînent également la propagation des bactéries jusqu’aux lèvres ou au pénis.

Le docteur Emily Gibson rappelle ainsi que les poils pubiens fournissent un «coussin» contre les frottements qui peuvent provoquer une abrasion de la peau et des blessures.

Le docteur Bav Shergill, dermatologue à Brighton, interrogé par le quotidien anglais The Independent, qui relaie l’information, approuve les propos du docteur Emily Gibson. Seul l’épilation au laser représente à ses yeux une bonne alternative:

«La réduction des poils pubiens au laser est sûre, à condition qu’elle soit effectuée par un praticien qualifié.»

Nina Goad de l’Association britannique des dermatologues, également citée par The Independent, ajoute:

«Dans de mauvaises mains, l’épilation au laser peut causer une dépigmentation post-inflammatoire – c’est à ce moment la peau devient enflammée et le résultat sera une couleur de peau définitivement changée. La peau pourrait même être brûlée, si les lasers ne sont pas utilisés correctement. Pour cette raison, nous recommandons fortement la visite d’un dermatologue qualifié pour ces traitements. »

En France aussi, l’épilation est en passe de devenir la bête noire des pouvoirs publics. Un rapport sénatorial intitulé « Santé, beauté, une priorité : la sécurité »2 s’en prend notamment à la photodépilation par lumière pulsée. Il propose d’encadrer strictement cette technique récente, en raison des risques de brûlure de la peau. « A faible intensité, elle est totalement inefficace, et à densité plus élevée, elle peut être dangereuse si elle est pratiquée par n’importe qui ».

L’épilation au laser est d’ores et déjà réservée aux seuls médecins, mais la mission propose d’élargir cette compétence par décret à tous les actes « présentant des dangers sérieux pour la santé », y compris dans les traitements anticalvitie ou antirides par injection3.

Notes et références

  1. The war on pubic hair must end par Emily Gibson. []
  2. Santé, beauté, une priorité : la sécurité. Rapport d’information de M. Bernard CAZEAU, fait au nom de la MCI portant sur les dispositifs médicaux implantables n° 653 tome I (2011-2012) – 10 juillet 2012. []
  3. Sources : Slate.fr et FTVi []

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