L’Église de Satan : idées reçues sur un mouvement marginal

L’Église de Satan est source de nombreuses idées fausses. Pour la plupart des gens, tout ce qui contient le nom Satan est synonyme de mal et évoque des scènes d’offrandes sanglantes et de bébés destinés au sacrifice. Des idées reçues bien loin de la réalité selon une étude canadienne.

Cimminnee Holt est étudiante en troisième cycle au Département des sciences des religions de l’Université Concordia de Monréal (Canada) et elle est l’auteure d’une étude intitulée « Death and Dying in the Satanic Worldview » (mort et mourant dans la vision du monde satanique) publié dans la revue qpécialisée Journal of Religion & Culture1. Ses découvertes sur les mythes et les préjugés concernant l’Église de Satan dévoilent plutôt un nouveau mouvement religieux athéiste, se développant en marge de la société, mais respectueux des lois.

Ironiquement, c’est justement son intérêt de recherche pour l’édification du mal qui a avant tout poussé Cimminnee Holt à choisir l’Église de Satan comme sujet d’un travail sur les nouveaux mouvements religieux.

« Plus j’en apprenais, plus je découvrais des faits inattendus »,

explique-t-elle.

Ainsi, le fondateur de l’Église de Satan, Anton Szandor LaVey, aurait cherché à tromper les attentes lorsqu’il a annoncé pour la première fois l’existence du mouvement, en 1966. Personnage dynamique avec un sens aigu de la mise en scène, M. LaVey aimait ébranler le statu quo. Et il a parfaitement réussi en donnant à son église un nom aux allures de culte du diable – mais qui a en fait été choisi parce que Satan signifie « adversaire » en hébreu!

Durant ses cinq années de recherche, Cimminnee Holt s’est beaucoup renseignée sur les croyances et les non-croyances des satanistes. Elle a peut-être même découvert un domaine prometteur ? largement sous-documenté, mais ne demandant qu’à être minutieusement scruté ? qui lui permettra d’approfondir son expertise. Aujourd’hui, elle mène des recherches préliminaires pour sa thèse de doctorat sur l’ethnographie des membres de cette église et sur le quotidien des satanistes.

« Lorsque je dévoile le sujet de mon étude, la plupart des gens ont aussitôt un mouvement de recul, mais ils se reprennent rapidement. Même dans notre société laïque, qui ne croit guère au diable, la simple mention du mot fait naître une tension. C’est fascinant! »,

explique-t-elle.

En général, les gens ont cette réaction parce qu’ils confondent les membres de l’Église de Satan avec les satanistes théistes qui, eux, vouent réellement un culte au diable. Pour prévenir tout malentendu du genre, l’Église de Satan évite de s’exposer; si elle le fait, sa sortie aura été soigneusement orchestrée. De même, elle refuse de révéler de l’information sur ses membres.

La plupart semblent d’ailleurs cacher leur affiliation, de peur que les préjugés n’interfèrent avec leur vie publique et leur réussite professionnelle.

« Chaque membre peut décider de dévoiler ou non son adhésion; le plus souvent, il choisit pour différentes raisons de se taire. En parler ouvertement pourrait lui nuire, »

précise-t-elle encore.

Ce manque de transparence n’a fait que renforcer les techniques de la chercheuse. Grâce à de longs échanges sur des forums et par courriel, elle a en effet acquis la confiance, « jusqu’à un certain point », des administrateurs de l’Église de Satan. Dans le cadre de son étude, elle a ainsi pu consulter, quoique anonymement, deux des membres haut placés du mouvement. Leurs réponses éclairées constituent la base de son article.

Mme Holt a pleinement conscience que son étude n’a jusqu’à présent ouvert qu’une « minuscule fenêtre sur un nouveau mouvement religieux principalement marginal. » Depuis, elle en a néanmoins appris énormément sur le sujet.

« Avoir une bonne idée ne signifie pas grand-chose, à moins d’avoir suffisamment de compétences pour l’étayer d’arguments solides et valables d’un point de vue critique. Ma recherche sur l’Église de Satan a certainement été examinée de très près, et elle le sera encore, mais le résultat final est très satisfaisant. »

Source : presse Concordia

Notes et références

  1. Cimminnee Holt. Death and Dying in the Satanic Worldview. Journal of Religion & Culture. []

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