Le Nobel de chimie 2010 à deux Japonais et un Américain pour la catalyse utilisant le palladium

Le prix Nobel de chimie 2010 a été attribué à un Américain et deux Japonais pour leurs travaux sur « le couplage croisé catalysé au palladium », un ensemble de réactions chimiques du carbone obtenues grâce à un catalyseur utilisant le métal rare. Ces travaux ont permis de créer un des outils les plus sophistiqués de la chimie ouvrant la voie à des traitements du cancer ou à des produits électroniques et plastiques révolutionnaires.

Le comité Nobel à distingué l’Américain Richard Heck, 79 ans et les Japonais Ei-ichi Negish, 75 ans et Akira Suzuki, 80 ans.

Leurs découvertes permettent à des centaines de scientifiques de synthétiser de nombreuses substances présentes dans la nature à travers le monde, des mers italiennes aux océans des Philippines à la jungle indonésienne de Bornéo, explique le comité.

Les trois chimistes sont récompensés pour leurs travaux sur « le couplage croisé catalysé au palladium ». Les réactions de couplages croisés sont obtenus en faisant réagir deux molécules différentes pour former une nouvelle molécule. Il s’agit ici d’un ensemble de réactions chimiques du carbone obtenues grâce à un catalyseur utilisant le métal rare palladium.

Chacun des lauréats a donné son nom à une de ces réactions chimiques.

« La réaction Heck, la réaction Negishi et la réaction Suzuki sont d’une importance considérable pour les chimistes,

selon le comité Nobel,

car ils permettent la création d’éléments chimiques toujours plus complexes » et sont « d’importants outils pour la recherche de nouveaux médicaments ».

Elles ont ainsi permis la synthèse du diazomanide A, tiré d’un petit invertébré marin des Philippines qui s’avère efficace contre les cellules cancéreuses du cancer du côlon, ou encore la dragmacidine F, présente dans une éponge marine italienne, utilisée contre l’herpès et le sida.

Le couplage croisé catalysé au palladium est aussi utile dans les progrès des antibiotiques contre les bactéries résistantes ou encore dans l’industrie électronique pour produire des écrans ultra-plats de « quelques millimètres », ajoute le comité de l’Académie royale des Sciences.

Même si les premières réactions de ce type ont été faites il y a plus de 40 ans par Richard Heck dans son laboratoire du Delaware, « elles sont toujours améliorées et développées », souligne le comité.

« Les découvertes de Richard Heck, Ei-ichi Negishi et Akira Suzuki sont déjà d’une grande importance pour l’humanité. Néanmoins, si l’on prend en compte les développements en cours dans les laboratoires à travers le monde, ces réactions vont probablement devenir encore plus importantes dans le futur ».

Interrogé par téléphone lors d’une conférence de presse, suivant l’annonce du prix, M. Negishi, qui se trouvait aux Etats-Unis, a concédé qu’il en rêvait depuis de nombreuses années.

« J’ai commencé à rêver du prix il y a un demi-siècle quand je suis arrivé aux Etats-Unis. En rencontrant de nombreux lauréats des Nobel, j’ai réalisé que ce n’était pas une fiction, mais une réalité qui peut arriver en principe à tout le monde, moi y compris. C’était il y a 50 ans. Depuis, je dois confesser que cela a été mon plus grand rêve réalisable »,

a-t-il dit.

« J’étais sans voix. C’était une grande surprise pour moi »,

a quant à lui expliqué Richard Heck, interrogé par l’agence TT.

« C’est une grosse surprise parce que je n’ai rien fait en laboratoire depuis plusieurs années ».

La saison 2010 des Nobel s’est ouverte lundi avec le prix de médecine attribué au Britannique Robert Edwards, le père des bébés-éprouvettes, mardi le prix Nobel de physique a été décerné à deux chercheurs d’origine russe, Andre Geim et Konstantin Novoselov, pour leur découverte du graphène, un matériau aux propriétés remarquables.

Les prix, traditionnellement remis à Stockholm (le prix Nobel de la paix est remis à Oslo), sont dotés de 10 millions de couronnes (1,1 million d’euros), à partager dans le cas où il y a plusieurs lauréats.

Sources : communiqué de presse AFP et comité Nobel

Commentaires Clos.

Note aux utilisateurs concernant la publication d'informations médicales :
Publiez uniquement des informations que vous jugez véridiques à la lumière de vos connaissances.
Si les données médicales diffusées ne proviennent pas de votre expérience personnelle, vous devez indiquer les sources (références, liens, etc.).