Le prix Nobel de médecine 2008 récompense deux Français et un Allemand

Le prix Nobel de médecine 2008 a récompensé lundi les travaux du chercheur allemand Harald zur Hausen, récompensé pour sa découverte des papillomavirus, des virus à l’origine de cancers du col de l’utérus et les chercheurs français Luc Montagnier et Françoise Barré-Sinoussi pour avoir réussi à identifier le virus du SIDA dès le début de l’infection dans les lymphocytes de patients présentant des ganglions lymphatiques de taille importante, et dans le sang des patients à un stage avancé.

Les deux scientifiques français ont été couronnés pour avoir découvert le virus immunodéficitaire (VIH) responsable du sida et qui a déjà tué 25 millions de personnes à travers le monde, ont indiqué les attendus du comité Nobel à Stockholm.

Harald zur Hausen

Harald zur Hausen

Dans ses recherches séparées, l’Allemand a identifié le virus responsable du cancer du col de l’utérus qui touche chaque année 500.000 femmes dans le monde.

La découverte de Mme Barré-Sinoussi, 61 ans, et du professeur Montagnier, 76 ans, « a été essentielle à la compréhension actuelle de la biologie de cette maladie et à son traitement antirétroviral« , selon le comité, qui ne mentionne pas le professeur américain Robert Gallo, souvent considéré comme le co-découvreur avec Luc Montagnier du rétrovirus.

La maladie a fait son apparition en 1981 et la polémique entre les deux professeurs sur la paternité de la découverte avait débordé sur un différend entre Washington et Paris.

Sans minimiser le travail de Gallo, un des responsables du comité, Hans Joernvall, a souligné à l’AFP que ce dernier et les Français étaient désormais « d’accord que la découverte (avait) été faite à Paris ». Pour le Nobel, pas question de raviver la polémique.

Luc Montagnier

Luc Montagnier

Luc Montagnier a dédié sa récompense « à tous les malades du sida » et annoncé un « vaccin thérapeutique » d’ici à quatre ans.

Apprenant la nouvelle lors d’une conférence internationale à Abidjan, le professeur français, visiblement ému, a ajouté qu’il cherchait maintenant « des traitements complémentaires qui vont permettre d’éradiquer l’infection « .

M. zur Hausen, 72 ans, ancien directeur du centre de Recherches sur le cancer en Allemagne, a isolé le « virus du papillome humain » ou papillomavirus (VPH), responsable du cancer du col de l’utérus, deuxième type de cancer le plus répandu chez les femmes.

« Ce prix signifie beaucoup pour moi parce que d’un côté, c’est un domaine passé de plus en plus au premier plan dans la recherche sur le cancer, c’est-à-dire celui du rôle des agents infectieux dans le cancer, qui a été récompensé »,

a-t-il déclaré.

Mme Barré-Sinoussi, professeur de virologie à l’Institut Pasteur et M. Montagnier, professeur de virologie à l’Université de Paris, ont réussi dès 1983 à isoler le nouveau rétrovirus humain, aujourd’hui connu sous le nom de VIH, responsable du sida.

Françoise Barré-Sinoussi

Françoise Barré-Sinoussi

« L’importance de leur travaux doit être considérée dans le contexte de l’épidémie omniprésente dans le monde et qui affecte près d’1% de la population »,

note encore le comité Nobel.

On estime que 33 millions de personnes séropositives vivent actuellement dans le monde.

« J’avoue que j’étais à 100 lieues de m’attendre à cette nouvelle »

a déclaré Mme Barré Sinoussi, ajoutant avoir, après 1983, consacré

« entièrement sa carrière à la recherche sur le virus ».

Le chercheur allemand recevra la moitié du prix de 10 millions de couronnes suédoises (1,02 million d’euros) et les deux autres lauréats français se partageront la seconde moitié.

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