La broncho-pneumopathie chronique obstructive n’évolue pas de la même façon chez tous les fumeurs

cigarette-femme-fataleLa broncho-pneumopathie chronique obstructive (ou BPCO) induite par la fumée de cigarette, provoque de graves difficultés respiratoires. La BPCO est la cinquième cause de mortalité dans le monde, après l’infarctus, les accidents vasculaires cérébraux, les infections respiratoires communautaires et la tuberculose. Pourtant les scientifiques connaissent mal les mécanismes qui font que certains fumeurs développent la maladie alors que d’autres ne sont pas touchés.

Le Dr Manuel Cosio, du Centre universitaire de Santé McGill (Canada), en collaboration avec des chercheurs espagnols et italiens, rapporte dans le New England Journal of Medicine1 qu’un mécanisme auto-immun dépendant d’une prédisposition génétique à la BPCO pourrait expliquer que la maladie progresse différemment chez certains fumeurs. La BPCO est liée à l’histoire familiale et les parents proches de patients souffrants de BPCO ont une probabilité beaucoup plus élevée de développer la maladie. Ce lien est caractéristique des maladies auto-immunes.

Bien que le tabagisme figure parmi les principaux facteurs de risque de BPCO dans le monde occidental, les carburants de cuisson et de chauffage extrêmement polluants utilisés à domicile représentent un facteur de risques important dans les pays en développement.

« La fumée peut jouer un rôle important dans les maladies auto-immune telles que la BPCO, ou d’autres maladies telles que l’arthrite rhumatoïde, parce qu’elle accentue les prédispositions génétiques à la maladie, »

avertit le Dr Cosio.

Contrairement à ce que pensaient jusque-là les scientifiques, la BPCO n’évolue pas de la même façon chez tous les fumeurs. Les auteurs de cette étude décrivent trois étapes dans la progression potentielle de la maladie chez les fumeurs :

« Tous les patients n’évoluent pas du premier stade, au deuxième puis au troisième, »

explique le Dr Cosio.

« Selon leur équilibre personnel entre la réponse immunitaire et le contrôle immunitaire, certaines personnes s’arrêteront au stade un, d’autres au stade deux et certains progresseront jusqu’au stade trois, c’est-à-dire l’auto-immunité et la destruction des poumons ».

 » Nous espérons que les chercheurs verront désormais la maladie sous une toute autre perspective, »

souligne le Dr Cosio.

« Nous espérons que notre étude ouvrira la voie à des recherches différentes sur la BPCO, dans lesquelles les scientifiques en apprendront davantage sur les processus immunologiques et de la façon dont ces derniers pourraient être contrôlés et modulés pour finalement offrir le traitement adapté ».

La broncho-pneumopathie chronique obstructive (BPCO)

La bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) n’est pas seulement une maladie mais un terme qu’on utilise pour décrire les affections pulmonaires chroniques caractérisées par une obstruction chroniques de la circulation de l’air à l’intérieur des poumons. Les termes plus familiers de « bronchites chroniques » et « emphysème » ne sont plus utilisés, mais sont maintenant inclus dans le diagnostic de la BPCO.

Les symptômes les plus communs de la BPCO sont la dyspnée, ou ‘manque d’air ‘, la production excessive de crachat, et une toux chronique. Cependant, BPCO n’est pas simplement une « toux de fumeur », mais une maladie sous-diagnostiquée, une affection pulmonaire qui met la vie en danger et qui peut mener progressivement à la mort.
Selon des estimations récentes de l’OMS (2007), actuellement 210 millions de personnes ont une BPCO, et 3 millions de personnes sont mortes des suites d’une BPCO en 2005. L’OMS prévoit que la BPCO deviendra la quatrième cause de décès dans le monde en 2030.

    Les principaux facteurs de risque de BPCO sont :

  • Le tabagisme
  • La pollution atmosphérique intérieure (telle que les carburants de biomasse utilisé pour faire la cuisine et pour le chauffage)
  • La pollution atmosphérique extérieure
  • L’exposition à des risques professionnels dus à la présence de poussières ou de produits chimiques
  • Les infections respiratoires inférieures fréquentes pendant l’enfance

En France, la BPCO concerne 3 à 4 millions de personnes, soit 6 à 8% de la population adulte. Parmi celle-ci, 100 000 sont au stade de l’insuffisance respiratoire chronique. 16 000 en meurent chaque année (Source : Ministère de la Santé, juillet 2005). En 1993, 20% des patients atteints de BPCO étaient des femmes. Aujourd’hui, elles représentent 40 à 45% des malades. Cela s’explique par le fait que les femmes sont de plus en plus nombreuses à fumer. Actuellement, 30% des Françaises fument.

Sources : EurekAlert, OMS, Wikipedia
Illustration : Femme Fatale © TF1 Vidéo

Notes et références

  1. Article :Immunologic Aspects of Chronic Obstructive Pulmonary Disease [Abstract]
    Auteurs : Manuel G. Cosio, Marina Saetta et Alvar Agusti
    Journal de publication :New England Journal of Medicine []

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