Dossier tabagisme (3/6) : Les stratégies de sevrage

Dans la rubrique dossier, Vulgariz vous propose un premier dossier, en 6 parties, consacré au tabagisme. Nous nous intéresserons de près au sevrage tabagique et aux solutions qui existent pour pouvoir s’arrêter de fumer.


La dépendance au tabac (1/6)
Le sevrage tabagique (2/6)
Les stratégies de sevrage (3/6)
Les bénéfices de l’arrêt du tabac (4/6)
En savoir plus et adresses utiles (5/6)
Test de dépendance à la nicotine Fagerström (6/6)

Cette troisième partie abordera les différentes stratégies de sevrage à votre disposition.

Les stratégies de sevrage

Environ 60% des fumeurs disent avoir envie d’arrêter mais seuls 30% d’entre eux envisagent de se faire aider. En l’absence de toute aide, les taux de réussite sont faibles, de l’ordre de 5% à 6-12 mois. Ils peuvent tripler avec une aide adaptée et sont d’autant plus importants qu’elle s’inscrit dans la durée (en moyenne 6 à 9 mois).

Quant aux stratégies de sevrage, il n’y a pas de méthode universelle. Le sevrage doit prendre en compte les différentes dépendances, l’histoire tabagique de chacun (a-t-il déjà été traité, avec quel traitement, etc.) et le terrain individuel (grossesse, alcoolisme, dépression.).

Les professionnels de santé peuvent fournir dans tous les cas un conseil au fumeur même s’il ne souhaite pas s’arrêter.

patch de nicotine

Quatre stratégies sont aujourd’hui validées pour arrêter de fumer

L’utilisation de substituts nicotiniques, de la varenicline ou du bupropion, et les thérapies cognitivo-comportementales.

  • Les traitements nicotiniques de substitution (TNS)
  • Ils apportent à l’organisme et aux récepteurs cérébraux la dose de nicotine (principal agent de la dépendance) dont ils ont besoin. Ces produits ne sont pas soumis à ordonnance. Le pharmacien peut conseiller sur la teneur en nicotine qui conviendra le mieux aux fumeurs. Cette dose pourra également être déterminée par le médecin en fonction de la dépendance du fumeur. Différentes formes existent, différents goûts et textures, le choix est lié aux préférences du fumeur.

    Les gommes : Les gommes sont tamponnées avec du bicarbonate pour faciliter le passage de la nicotine à travers la muqueuse buccale. L’efficacité de la gomme est dépendante de la dose, de la durée du traitement et des conditions d’utilisation.
    Les pastilles et comprimés : Ces formes sont particulièrement indiquées chez les porteurs de prothèses dentaires ou chez les personnes ayant des troubles de l’articulé dentaire car elles sont moins irritantes.
    Les comprimés sublinguaux : Ils sont d’utilisation discrète car il n’y a pas à mâcher ni à sucer. Le comprimé est placé sous la langue où il diffuse lentement en 30 minutes. L’effet est ressenti en deux à trois minutes.
    Inhaleur est destiné à une absorption buccale de la nicotine avec un geste évoquant celui de la consommation d’une cigarette, une bouffée d’inhaleur ne correspondant pas à une bouffée de cigarette.
    Les patchs ou dispositifs transdermiques évitent les écueils liés à l’usage des formes orales. Les « patchs 24 heures » et les « patchs 16 heures » permettent de réguler l’apport de nicotine dans l’organisme en fonction des besoins du fumeur. En diffusant la nicotine de manière régulière toute la journée, on supprime le manque physique de nicotine. Ensuite, en réduisant progressivement la dose, le fumeur va être sevré en douceur.

  • Le bupropion
  • Ce traitement oral sur ordonnance (utilisé dans certains pays comme médicament antidépresseur) n’apporte pas de nicotine, mais il agit sur des substances cérébrales (noradrénaline, dopamine, etc.), pour supprimer les symptômes de manque et l’envie de fumer. Son efficacité varie en fonction des individus. Bien toléré par les uns, il peut en revanche, avoir des effets secondaires suffisamment gênants (anxiété, insomnie) pour conduire à arrêter le traitement, dont la durée est normalement de deux mois.

  • La varenicline
  • Cette molécule bloque les récepteurs cérébraux de la nicotine, empêchant l’envie de fumer d’apparaître. Disponible uniquement sur ordonnance, il n’a à ce jour comme seule contre-indication la grossesse. La dose est augmentée progressivement sur une semaine, l’arrêt du tabac étant obtenu au cours de la deuxième semaine de traitement. Ce dernier, en règle générale d’une durée de 3 mois, peut être prolongé jusqu’à 6 mois. L’effet indésirable fréquemment signalé est la survenue de nausées, qui restent, la plupart du temps, légères à modérées. Efficace sur le manque physique de nicotine, ce médicament n’empêche pas la nécessité d’une prise en charge globale.

  • Les psychothérapies comportementales et cognitives :
  • Ces thérapies constituent une approche nouvelle en psychologie. Elles reposent essentiellement sur l’analyse des pensées et des comportements. L’objectif est d’aider le sujet à se débarrasser du comportement « anormal ». Ces psychothérapies sont bénéfiques et interviennent aux diverses étapes ponctuant l’arrêt du tabac : la motivation, la préparation, l’arrêt, la prévention des récidives. Mais, il faut savoir qu’en France, le nombre des thérapeutes comportementalistes est faible, et la plupart d’entre eux peu concerné par le sevrage tabagique.

Quelque soit la stratégie retenue, la motivation est une condition sine qua none.

De plus, les conseils et l’aide d’un professionnel de santé sont recommandés lors de toute tentative de sevrage.

Source: brochure « vivre sans tabac » de l’ARC

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