Cancer du pancréas

Cancer du pancréas : une nouvelle piste prometteuse

Suite aux résultats encourageants obtenus chez la souris, des chercheurs ont commencé à tester chez l’homme une nouvelle approche pour traiter les tumeurs pancréatiques, l’une des formes de cancer les plus meurtrières et les plus résistantes aux médicaments.

Cancer du pancréas

Les personnes diagnostiquées avec la forme la plus commune de cancer du pancréas, l’adénocarcinome canalaire (le terme ductulaire est parfois utilisé) du pancréas (90 % de l’ensemble des cas), répondent très mal à la chimiothérapie (95% des personnes qui ont un cancer du pancréas décèdent dans les 5 ans qui suivent le diagnostique). Certains chercheurs pensent que l’une des raisons à cela serait l’environnement très particulier dans lequel se développent les tumeurs pancréatiques. En effet, les cellules tumorales du pancréas sont empêtrées dans une matrice fibreuse, connue sous le nom du stroma, qui ne permet pas aux médicaments d’accéder à la tumeur.

Dans une étude réalisée chez la souris et publiée dans la revue Cancer Cell1, les chercheurs ont montré que les souris préalablement traitées avec une molécule qui fragilise cette matrice fibreuse entourant la tumeur réagissaient mieux à la chimiothérapie standard. Une stratégie actuellement à l’essai chez l’homme. Les chercheurs sont partis de l’hypothèse que cet environnement pressurise l’intérieur de la tumeur, rendant difficile la diffusion des médicaments des vaisseaux sanguins vers la tumeur. Une tâche rendue encore pus difficile par le fait que les tumeurs pancréatiques sont faiblement vascularisées.

Les chercheurs ont confirmé les pressions extrêmes des fluides dans ces tumeurs grâce à l’insertion d’une sonde spéciale dans les tumeurs chez les souris atteintes de la maladie. Les chercheurs se sont ensuite intéressés à l’acide hyaluronique, très abondante dans le stroma. Ils ont ensuite traités des souris avec une enzyme, la PEGPH20, capable de dégrader l’acide hyaluronique, ce qui a permis aux vaisseaux de se décompresser.
Ces souris furent ensuite traitées par chimiothérapie, et en effet les souris traitées par gemcitabine, chimiothérapie standard contre le cancer du pancréas, ont vu leur taux de survie amélioré de 70%.

Une formulation de l’enzyme PEGPH20 a déjà été approuvée par la FDA (agence américaine du médicament) pour une autre application. Et un essai pour tester la combinaison PEGPH20-gemcitabine chez des patients du cancer du pancréas est déjà en cours2. Bien que d’autres tissus contiennent de l’acide hyaluronique, l’enzyme ne semble pas entraîner de graves effets secondaires dans les études animales. Si ce traitement donne des résultats satisfaisants, d’autres médicaments potentiels pour l’adénocarcinome canalaire du pancréas qui avaient été mis de côté pourrait être réexaminés.

Les chercheurs restent néanmoins très prudents. En effet, des études encourageantes sur des animaux ne se traduisent pas toujours par des résultats similaires chez l’homme. Il y a quelques années, cette même équipe avait déjà exploré chez l’homme une piste qui s’était révélée très prometteuse chez la souris, mais les essais cliniques n’ont malheureusement pas permis d’obtenir les résultats escomptés.

Notes et références

  1. Enzymatic Targeting of the Stroma Ablates Physical Barriers to Treatment of Pancreatic Ductal Adenocarcinoma. Paolo P. Provenzano, Carlos Cuevas, Amy E. Chang, Vikas K. Goel, Daniel D. Von Hoff, Sunil R. Hingorani. Cancer cell. []
  2. http://clinicaltrials.gov/show/NCT01453153 []

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