woman with a strong toxicosis

Le lien entre virus de l’hépatite C et cancer

Le virus de l’hépatite C est bel et bien directement impliqué dans la transformation de cellules saines du foie en cellules cancéreuses. Une équipe française vient en effet de montrer que le virus conduit les cellules hépatiques à surexprimer un gène qui favorise l’apparition de cancers.

Le carcinome hépatocellulaire est la forme la plus fréquente du cancer du foie. La plupart des cas sont liés à une inflammation hépatique chronique et à une cirrhose. Toutefois, si ces facteurs favorisent la progression du cancer, ils ne sont probablement pas des éléments déclencheurs de la maladie. L’infection par le virus de l’hépatite C est en revanche une piste beaucoup plus sérieuse à en croire les travaux d’une équipe de l’Inserm publiée dans la revue spécialisée Oncogene1.

Un pic de carcinomes hépatocellulaires prévu dans moins d’une dizaine d’années

« Nous avons assisté à un véritable pic épidémique d’infections par le virus de l’hépatite C dans les années 70-80. Or, dans la plupart des cas, un carcinome hépatocellulaire se développe chez ces personnes après quelques dizaines d’années. Nous prévoyons donc un pic de cancers vers 2020, qui devrait ensuite décroitre très lentement »

explique Jean-Michel Pawlotsky2, coauteur de ces travaux.

« L’amélioration de la prévention et du traitement du carcinome hépatocellulaire reste une préoccupation majeure et c’est pourquoi nous cherchons à mieux connaître les mécanismes de déclenchement et de progression de la maladie »

précise-t-il.

Le virus de l’hépatite C directement responsable

Parmi eux, le virus de l’hépatite C semble jouer un rôle prépondérant. Pour en savoir plus, les chercheurs ont développé un modèle de souris transgénique capable d’exprimer toutes les protéines virales.

« Chez ces animaux nous constatons de nombreux phénomènes favorisant le développement de cancers tels que la diminution de la mort cellulaire naturelle, des problèmes de réparation de l’ADN ou encore une augmentation de la production de radicaux libres toxiques pour la cellule »

décrit le scientifique. Les chercheurs ont découvert dans un second temps que ces phénomènes sont en fait liés à l’augmentation de l’expression d’un gène en particulier, le gène c-myc, impliqué dans l’apparition de nombreux autres cancers. Une découverte étayée par l’analyse de biopsies hépatiques :

« Chez des patients infectés par le virus de l’hépatite C, avec ou sans cancer du foie, nous constatons une augmentation de l’expression de ce gène dans toutes les cellules hépatiques, tumorales ou non. Chez les patients non infectés, ce trait n’est classiquement observé que dans les cellules tumorales et représente une conséquence du processus tumoral. Ces observations et nos données expérimentales confirment clairement le lien de cause à effet entre l’infection, la surexpression de ce gène et le carcinome hépatocellulaire »,

conclut Jean-Michel Pawlotsky.

Bientôt de nouvelles cibles thérapeutiques

Le virus de l’hépatite C peut ainsi être considéré comme un facteur déclenchant du carcinome hépatocellulaire. Néanmoins, le cancer a besoin d’autres processus pour se développer. L’inflammation chronique locale et la cirrhose semblent des terrains idéaux pour cela. L’équipe va donc poursuivre l’étude des mécanismes de cancérisation dans ce contexte, en espérant à terme identifier de nouvelles cibles thérapeutiques. En attendant,

« le meilleur moyen de prévenir le carcinome hépatocellulaire est de supprimer l’infection virale. De nouveaux antiviraux en développement vont dans ce sens »

clarifie le chercheur3.

Notes et références

  1. Hepatitis C virus-induced activation of ?-catenin promotes c-Myc expression and a cascade of pro-carcinogenetic events. M R Higgs, H Lerat and J-M Pawlotsky. Oncogene. []
  2. Unité Inserm 955, Groupe Hospitalier Universitaire Albert Chenevier – Henri Mondor, Créteil. []
  3. Source: Inserm []

Commentaires Clos.

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