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Manger trop salé favoriserait le cancer

Une alimentation trop salée favoriserait le risque de tumeur à l’estomac, selon l’annonce d’un organisme caritatif de prévention du cancer.

La surconsommation de sel touche tous les pays occidentaux principalement à cause du sel systématiquement ajouté dans les aliments conditionnés industriellement. Cette surconsommation entrainerait nombre de maladies cardiovasculaires. Ses effets sur l’estomac sont en revanche moins familiers. Selon, le World Cancer Research Fund UK, un organisme britannique caritatif de prévention du cancer : 1 cancer de l’estomac sur 7 serait évitable au Royaume-Uni simplement en modérant la consommation de sel. En France, les 9000 nouveaux cas de cancers gastriques découverts chaque année pourraient donc eux aussi diminuer.

Cinquième cancer le plus fréquent dans l’Hexagone, le cancer de l’estomac est difficile à soigner car souvent détecté trop tard. La survie à cinq ans est de seulement 15%. La contamination par la bactérie Helicobacter pylori est à l’origine de 80% des cas. Or le sel en excès entraîne une inflammation des parois de l’estomac, qui facilite ces infections. Le risque de cancer gastrique serait même augmenté de près de 70% pour les plus gros consommateurs, selon des chercheurs italiens ayant compilé des résultats portant sur 270.000 personnes.

La limite fixée par l’Organisation mondiale de la santé est de 5 grammes de sel par jour, seuil que les Français sont nombreux à dépasser. L’absorption de sel est en moyenne de 8,5 grammes, les hommes en ingérant plus que les femmes car ils absorbent en moyenne plus de calories, explique le Dr Michel Chauliac, en charge du dossier alimentation du Programme national nutrition santé (PNNS). Les nouveaux objectifs du programme visent d’ailleurs à réduire progressivement ce chiffre à 8 grammes pour les hommes et 6,5 grammes pour les femmes et les enfants.
Certains industriels sensibilisés

Pour éviter de manger trop salé, le World Cancer Research Fund UK propose une signalisation des aliments industriels à l’aide de feux tricolores (vert, orange et rouge pour des aliments respectivement faiblement, moyennent et fortement salés).

«La question a été débattue pour l’élaboration du futur PNNS, mais il faut disposer d’arguments suffisamment étayés pour voir si ça marche»,

précise le Dr Chauliac.

→ Voir l’article Le sel : mode d’emploi en 8 questions

L’étude Flabel (Food Labelling to Advance Better Education for Life) menée par le Conseil européen de l’information sur l’alimentation, une organisation financée en partie par les industriels de l’agroalimentaire, a justement analysé l’impact de labels additionnels sur l’emballage des produits alimentaires, feux de signalisation tricolores y compris, sur les consommateurs. D’après les conclusions de l’étude, le code couleur pourrait inciter les consommateurs à choisir des produits plus sains (moins salés, mais aussi moins gras et moins sucrés), mais l’effet serait de faible ampleur.

En attendant une éventuelle évolution de l’étiquetage nutritionnel, les industriels français s’engagent de plus en plus à réduire la teneur en sel de leurs produits, indique le Dr Chauliac, avec la signature d’une charte d’engagement par une vingtaine d’industriels. Il ajoute que les industriels de la charcuterie française se sont quant à eux engagés à réduire en moyenne de 5% la quantité de sel dans leurs produits, qui figurent parmi les plus salés avec le pain, les céréales ou les biscuits apéritifs.

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