Nouvelle avancée dans la thérapie personnalisée contre le cancer

cellules-cancereuses-poumonDes chercheurs canadiens ont effectué une percée significative en matière de recherche sur le cancer. Ils ont découvert qu’un petit segment d’une protéine qui interfère avec l’ARN peut contrôler l’expression normale de gènes, notamment les gènes actifs dans les cellules cancéreuses.

Ces travaux, publiés dans le numéro du 26 mai 2010 de la revue scientifique Nature1, constituent une nouvelle étape importante vers des thérapies personnalisées contre le cancer.

les travaux ont déjà ouvert la voie à d’importantes applications pour la recherche en laboratoire et constituent une autre étape vers le type de thérapies personnalisées contre le cancer que des spécialistes du monde entier tentent ardemment de mettre au point.

Principe de l'ARN interférence (cliquer sur l'image pour aggrandir)

Principe de l'ARN interférence (cliquer sur l'image pour aggrandir)

Pour être en bonne sante, la cellule humaine doit produire les bonnes protéines au bon moment, et ce, en quantité appropriée. Elle y parvient notamment grâce à l’ARN interférence, une forme de dégradation génétique par laquelle de petits morceaux d’ARN (appelés micros ARN) bloquent la production de protéines spécifiques en interférant avec leur code génétique. Toutefois, tous les micros ARN ne peuvent accomplir cette tâche. Dans l’étude en question les chercheurs canadiens ont fait appel à la biologie structurale pour mettre en évidence un petit segment de protéines appelées Argonaute capable de sélectionner les micros ARN adéquats. Les protéine Argonaute font partie du complexe RISC (voir figure) essentiel à l’ARN interférence.

Les chercheurs ont en outre découvert que les protéines Argonaute pouvaient éventuellement être exploitées pour amplifier la dégradation.

« L’ARN interférence peut servir de démarche thérapeutique viable pour inhiber des gènes spécifiques exagérément actifs dans des cas de maladies comme le cancer »,

a déclaré le professeur Bhushan Nagar qui a participé à cette découverte.

« Nous avons maintenant une porte ouverte sur la capacité de modifier rationnellement les micros ARN pour les rendre plus efficaces, voire les transformer en médicaments. »

Bien qu’il faille encore attendre quelques années avant d’obtenir des applications thérapeutiques, cette avancée offre une perspective pour réguler (inhiber) la production spécifique de protéines anormales, notamment dans les cellules cancéreuses.

« C’est une nouvelle formidable »,

s’est enthousiasmé le professeur David Thomas, directeur du Département de biochimie de l’Université McGill au Canada ou les travaux ont été effectués.

« Récemment, des reportages évoquant la fin de l’utilisation de la chimiothérapie ont été présentés. Eh bien, cela fait partie de ce parcours menant à la mise au point de thérapies fondées sur les gènes et personnalisées en fonction de la maladie à traiter. C’est un grand pas en avant, »

a-t-il ajouté.

Notes et références

  1. Structural basis for 5?-nucleotide base-specific recognition of guide RNA by human AGO2. Filipp Frank, Nahum Sonenberg & Bhushan Nagar. Nature []

Un Commentaire

  1. C’est très intéressant de penser à ce genre de thérapies ciblés à travers les micro ARN. Sachant q’un seul micro ARN semble avoir des centaines de gènes cibles. comment peut on s’assurer que lorsqu’on veut réprimer l’expression de l’un des gènes par un micro ARN on n’élimine pas en parallèle l’expression d’autres gènes qui sont par exemples des gènes suppresseur de tumeur ou autres et donc au lieu d’améliorer la situation elle s’aggrave.

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