Nutrition et prévention des cancers: questions les plus fréquemment posées

questions les plus fréquemment posées A l’occasion de la parution de la brochure « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations » dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS), Vulgariz vous propose une série d’articles sur ce sujet.
Ce dossier regroupé sous le thème « Nutrition et prévention des cancers » est composé des articles suivants:
1. Nutrition et prévention des cancers
2. Facteurs augmentant et réduisant les risques de cancer
3. Alcool et risque de cancers
4. Recommandations pour la prévention du cancer
5. Questions les plus fréquemment posées

Ces questions sont les plus souvent posées aux acteurs de la santé ou abordés dans les médias:

Le lait et les produits laitiers augmentent-ils le risque de cancers ?

Non chez les femmes / Oui et Non chez les hommes.

Pourquoi ?

Selon les méta-analyses réalisées par le WCRF/AICR en 2007, la consommation de lait, spécifiquement, est associée de manière probable à une diminution du risque de cancer du côlon-rectum.
Aucune association, probable ou convaincante, n’a été rapportée entre la consommation de lait ou de produits laitiers et les autres localisations de cancers.
Par ailleurs, le calcium a un effet ambivalent sur le risque de cancer du côlonrectum et de la prostate : la consommation de calcium diminue de manière probable le risque de cancer colorectal, tandis qu’une alimentation riche en calcium est associée de manière probable à un risque accru de cancer de la
prostate.
En conclusion, chez l’homme et chez la femme, la consommation de lait et de produits laitiers est associée à une diminution de risque de cancer du côlonrectum. Cependant, chez l’homme, une consommation importante de lait et de produits laitiers, pouvant contribuer à des apports élevés en calcium, peut être indirectement associée à une augmentation du risque de cancer de la prostate.

Les folates (vitamine B9) réduisent-ils le risque de cancers ?

Peut-être, lorsqu’ils sont apportés par les aliments.

Pourquoi ?

Dans le cadre du rapport WCRF/AICR 2007, la relation entre les apports en folates et le risque de cancers du pancréas, de l’oesophage et du côlon-rectum a été évaluée.
Pour le pancréas, les méta-analyses réalisées à partir des études de cohorte disponibles montrent une diminution significative du risque de cancer associée aux apports en folates d’origine alimentaire. La relation entre les folates d’origine alimentaire et le risque de cancer du pancréas est jugée probable. Cependant, elle pourrait refléter l’effet des fruits et légumes, les folates étant des marqueurs de
leur consommation. En revanche, aucune modification significative du risque de cancer du pancréas n’a été observée avec les apports sous forme de compléments ou totaux.
Dans le cas de l’oesophage et du côlon-rectum, le niveau de preuve de la relation entre apports alimentaires en folates et diminution du risque de cancers est jugé limité.

Les phyto-oestrogènes protègent-ils du cancer ?

Non.

Pourquoi ?

Les phyto-oestrogènes sont essentiellement apportés par la consommation de soja et de produits à base de soja. Si certaines études épidémiologiques suggèrent un rôle protecteur vis-à-vis de divers cancers (estomac, sein, endomètre, prostate), le niveau de preuve de ces associations est trop limité pour conclure.

Certains modes de cuisson augmentent-ils le risque de cancers ?

Non, dans les conditions correctes d’utilisation.

Pourquoi ?

À ce jour, aucune étude épidémiologique n’indique une augmentation du risque de cancers liée à la consommation d’aliments préparés au four à micro-ondes.
Pour d’autres modes de cuisson, qui mettent en jeu des températures supérieures à 200°C (fritures, grillades, barbecue…), on dispose de données épidémiologiques limitées qui suggèrent une association entre consommation de viandes et poissons grillés ou cuits au barbecue et le risque de cancer de
l’estomac. Cette association pourrait s’expliquer par des données issues d’études expérimentales : ces modes de cuisson, lorsqu’ils sont mal contrôlés (température et/ou durée excessive, contact direct avec la flamme), augmentent les teneurs de certains aliments en composés potentiellement cancérogènes (ex. amines hétérocycliques, acrylamide).

Les acides gras trans augmentent-ils le risque de cancers ?

On ne sait pas.

Pourquoi ?

Les données scientifiques actuellement disponibles restent trop peu nombreuses et ne permettent pas de conclure à une relation, probable ou convaincante, entre la consommation d’acides gras trans et le risque de cancers.

Les additifs donnent-ils le cancer ?

Non, dans les conditions d’utilisation spécifiées pour les différentes catégories
d’aliments.

Pourquoi ?

Les additifs (édulcorants, conservateurs, colorants…) font l’objet d’une réglementation stricte ainsi que d’une surveillance régulière afin de détecter d’éventuels effets indésirables dus à leur consommation. En Europe, seuls les additifs qui figurent sur une liste positive sont autorisés. Aux doses utilisées dans l’alimentation, ils ne présentent pas de risque vis-à-vis du cancer. Si, à un moment
donné, un additif alimentaire se révèle nocif pour la santé, il est retiré du marché. L’organisme public chargé de contrôler la présence d’additifs dans les produits alimentaires est la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF).
Certaines informations interpellent et inquiètent les consommateurs (« liste de Villejuif » dénonçant l’emploi d’additifs « cancérogènes », informations circulant sur certains édulcorants), alors qu’elles s’avèrent erronées.

Les résidus de pesticides contenus dans les fruits et légumes présentent-ils un risque vis-à-vis du cancer ?

Non, si la réglementation est respectée.

Pourquoi ?

Il s’agit ici des pesticides contenus dans l’alimentation et non des expositions professionnelles, environnementales ou domestiques (risque associé à l’inhalation ou au contact de pesticides).
Les études démontrant l’effet protecteur des fruits et légumes vis-à-vis des cancers (cf. chapitre Fruits et légumes) sont menées sur les consommations réelles donc avec éventuellement la présence de résidus de pesticides sur les végétaux. Jusqu’à présent, dans les études publiées, la consommation de fruits et légumes n’a pas été associée à une augmentation du risque de cancers.
De plus, la teneur des aliments en résidus de pesticides fait l’objet d’une réglementation stricte et de contrôles réguliers.
En pratique, laver les fruits et légumes et peler ceux qui s’y prêtent limite l’ingestion de pesticides résiduels.

Le vin rouge protège-t-il du cancer ?

Non, au contraire.

Pourquoi ?

Aucune boisson alcoolisée, même le vin, n’a d’effet protecteur vis-à-vis du cancer. Les preuves scientifiques démontrent que toutes les boissons alcoolisées sans exception, que ce soit la bière, le vin, le champagne ou les alcools forts, augmentent le risque de plusieurs cancers. Le facteur qui compte est la quantité d’alcool consommée.
Il est important de rappeler qu’en matière de prévention des cancers, la consommation d’alcool, et notamment de vin, est déconseillée (cf. chapitre Boissons alcoolisées).

Le café donne-t-il le cancer ?

Non.

Pourquoi ?

L’effet de la consommation de café sur le risque de cancers a été examiné dans de nombreuses études, en particulier pour le cancer du pancréas.
Dans le cadre du rapport WCRF/AICR 2007, la relation entre consommation de café et le risque de cancers du pancréas et du rein a été évaluée. L’effet de la consommation de café sur le risque de ces deux cancers est considéré comme peu probable.

Existe-t-il des aliments « anticancer » ?

Le terme « anticancer » est un raccourci abusif et trompeur.

Pourquoi ?

Le terme « anticancer » est souvent utilisé dans des ouvrages et par les médias pour accrocher l’attention du lecteur ou de l’auditeur.
Il peut laisser supposer que la consommation d’un aliment particulier va guérir les personnes atteintes d’un cancer, ce qui est scientifiquement et cliniquement infondé.
Il peut aussi laisser penser que manger un aliment donné (ex. framboises, chou…) va, un peu comme un antidote, protéger du cancer. Le cancer est une pathologie multifactorielle : si une alimentation équilibrée peut contribuer à réduire le risque de cancers, d’autres facteurs environnementaux (ex. tabagisme, exposition professionnelle…) et le terrain génétique des individus peuvent également en
moduler le risque. Autrement dit, aucun aliment particulier ne peut à lui seul s’opposer au éveloppement du cancer.
Il est important de préciser que ce qui est qualifié d’effet anticancer au sujet d’un aliment, dans certains articles ou ouvrages, fait référence à une étude scientifique qui, dans la plupart des cas, observe un effet d’un facteur alimentaire dans un modèle d’expérimentation non directement extrapolable à l’homme (ex. cellules tumorales en culture, modèles animaux) et à des doses souvent incompatibles avec l’alimentation humaine.
Le terme « anticancer » est le plus souvent employé pour qualifier un fruit ou un légume, or ce groupe d’aliments est très diversifié et chaque type d’aliment présente des nutriments et constituants variables en nature et quantité (cf. chapitre Fruits et légumes).

    Se focaliser sur un aliment donné :

  • -peut conduire à des troubles digestifs voire des effets toxiques en cas de
    consommation excessive ;
  • -fait perdre de vue l’importance d’une alimentation diversifiée et équilibrée ;
  • -ne permet pas de tirer bénéfice des synergies possibles entre les composants
    des différents fruits et légumes ;
  • -conduit à une alimentation plus monotone qui restreint la composante plaisir
    de l’alimentation.

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