Nutrition et prévention des cancers

Nutrition et prévention des cancers A l’occasion de la parution de la brochure « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations » dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS), Vulgariz vous propose une série d’articles sur ce sujet.
Ce dossier regroupé sous le thème « Nutrition et prévention des cancers » est composé des articles suivants:
1. Nutrition et prévention des cancers
2. Facteurs augmentant et réduisant les risques de cancer
3. Alcool et risque de cancers
4. Recommandations pour la prévention du cancer
5. Questions les plus fréquemment posées

La brochure « Nutrition et prévention des cancers : des connaissances scientifiques aux recommandations a été actualisé dans le cadre du Programme National Nutrition Santé (PNNS) et à la demande de la DGS (Direction générale de la santé) et l’Institut National du Cancer.

Le rôle joué par les facteurs nutritionnels comme facteurs de protection ou de risque des pathologies les plus répandues est de mieux en mieux compris, qu’il s’agisse des cancers, des maladies cardiovasculaires, de l’obésité, de l’ostéoporose ou du diabète de type 2. Même si la nutrition n’est pas le seul déterminant de ces pathologies, c’est un facteur sur lequel il est possible d’intervenir, collectivement et individuellement.

« La consommation de boissons alcoolisées régulière, dès un verre d’alcool par jour, augmente le risque de différents types de cancers »,

a expliqué Paule Martel, directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Cancers de la bouche, du pharynx et du larynx, de l’oesophage, du côlon, du sein et du foie, le risque est multiplié de 9 à 168% par verre bu par jour, selon l’organe concerné.

« Un verre par jour, ça finit par faire beaucoup d’alcool et c’est ça qui, à la longue, augmente le risque de ces cancers »,

insiste Mme Martel.

Le surpoids et l’obésité accentuent aussi les risques de cancer, de 8 à 55% selon la localisation: oesophage, col de l’utérus, rein, côlon, pancréas, sein et vésicule biliaire.

Les soupçons qui pesaient sur la viande rouge et la charcuterie ont été confirmés par de récentes études. Les risques de cancer colorectal s’accroissent de 29% par portion de 100 grammes de viande rouge mangée par jour et de 21% par portion de 50 grammes de charcuterie.

Consommer moins de 500g de viande rouge.

Consommer moins de 500g de viande rouge.

Coordinatrice du NACRe (Réseau national alimentation cancer recherche), Paule Martel recommande de « consommer moins de 500g de viande rouge » par semaine. Au quart de la population française qui dépasse ce seuil, elle suggère de trouver leurs protéines davantage dans les poissons, les volailles et les oeufs.

Plus d’un quart de la population mange au moins 50g de charcuterie par jour, alors que

« ce sont des aliments à consommer en petites quantités et peu fréquemment »,

ajoute-t-elle en refusant toutefois de fixer un plafond à respecter.

Les Français sont également encouragés à ne pas manger trop salé car cela favorise les cancers de l’estomac.

Les compléments alimentaires sont aussi à éviter, surtout ceux à base de bêta-carotène. A fortes doses, ils

« augmentent les risques de cancer du poumon chez des personnes qui ont été préalablement exposées au tabac et à l’amiante »,

avertit Paule Martel. Au lieu de manger « n’importe comment » et de compenser « en prenant des pilules miracle », elle conseille de « rechercher toujours une alimentation diversifiée et équilibrée ».

Cela passe notamment par les fruits et légumes, qui réduisent les risques de cancer de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’oesophage, de l’estomac et du poumon. Ils ont en outre « un effet indirect » puisqu’ils « contribuent à éviter le surpoids et l’obésité ». La quantité recommandée est d’au moins 400g par jour sous forme de cinq fruits et légumes.

Le sport également. Il diminue les risques de cancers du sein, du col de l’utérus et du côlon. Pour ce dernier type de maladie, la diminution va de 18 à 29% selon le type d’activité et son intensité.

Les enfants et les adolescents devraient bouger au moins une heure par jour (jeux, sports et activités de la vie quotidienne). Les adultes devraient faire une demi-heure d’activité physique modérée (type marche à pied) cinq jours par semaine ou 20 minutes d’activité intense (type jogging) trois fois par semaine.

Enfin, l’allaitement a aussi des vertus anti-cancérigènes. Il réduit les risques de cancer du sein. Les mères sont donc invitées à allaiter leur enfant, « idéalement » jusqu’à ses six mois, recommande Mme Martel.

[1] La première édition a été publiée en 2003, sous le titre « Alimentation, nutrition et cancer : vérités, hypothèses et idées fausses ».

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