Surveiller la régulation du fer dans le cancer du sein

Les changements de régulation du fer pourraient être un élément important de la croissance et de la propagation du cancer du sein, et permettre de prédire la survie des patientes selon une nouvelle étude parue dans Science Translational Medicine1.

La ferroportine comme marqueur

Bien que le fer soit nécessaire à pratiquement toutes les cellules pour leur croissance, il peut faire des dégâts si ses quantités ne sont pas précisément régulées dans les cellules.

Des chercheurs viennent en effet de montrer un lien entre le taux de ferroportine, une protéine qui exporte le fer des cellules, et la probabilité qu’un cancer se propage dans l’organisme. L’utilisation de la ferroportine comme marqueur de la régulation du fer pourrait ainsi s’avérer utile dans le pronostic du cancer du sein et même aider directement dans la thérapie. La manipulation dans le futur du taux de ferroportine ou de protéines qui l’affectent pourrait aussi s’avérer un traitement efficace du cancer du sein.

Dans la présente étude, les chercheurs ont trouvé que les niveaux de ferroportine étaient particulièrement bas dans les tumeurs du sein comparées aux tissus normaux. Sans assez de ferroportine pour évacuer le fer des cellules, une accumulation nocive de fer « libre » peut se produire. Les chercheurs ont toutefois découvert que l’on peut agir sur ce processus et que les tumeurs du sein humaines transplantées dans la souris avec des niveaux de ferroportine restaurés poussaient moins vite que celles avec de faibles niveaux.

Meilleur pronostic

L’équipe a ensuite étudié les profils d’expression génétique de plus de 800 femmes ayant un cancer du sein. En déterminant le taux de ferroportine et d’une autre protéine liés au fer, l’hepcidine, les chercheurs ont pu répartir les femmes en fonction de la probabilité de diffusion de leur cancer. Ils ont ainsi trouvé que de faibles taux de ferroportine étaient un facteur de mauvais pronostic pour les patientes. Inversement, des taux élevés en ferroportine dans les cancers du sein étaient de bon pronostic pour les patientes, prédisant un taux de survie à 10 ans dans 90 pour cent des cas.

Bien qu’il ne soit pas encore clair pourquoi de forts taux de fer libre dans les cellules rendent les cellules cancéreuses plus agressives, ces résultats montrent déjà que des changements des teneurs en fer peuvent fortement contribuer à la croissance cancéreuse2.

Notes et références

  1. Ferroportin and Iron Regulation in Breast Cancer Progression and Prognosis. Zandra K. Pinnix, Lance D. Miller, Wei Wang, Ralph D’Agostino Jr., Tim Kute, Mark C. Willingham, Heather Hatcher, Lia Tesfay, Guangchao Sui, Xiumin Di, Suzy V. Torti et Frank M. Torti. Science Translational Medicine. []
  2. Source : EurekAlert []

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