Un test ADN pour mesurer le risque développer un cancer du poumon

cigaretteDes chercheurs néo-zélandais de l’université d’Auckland ont développé un test génétique qui permet d’évaluer la probabilité pour un fumeur ou un ex-fumeur de développer un cancer des poumons.

Le professeur associé Robert Young est parti d’une observation simple, certaines personnes ayant fumé toute leur vie ne souffriront jamais d’un cancer du poumon, alors que des personnes n’ayant jamais touché une cigarette développeront la maladie. C’est ainsi que les travaux de l’équipe du Pr Young ont abouti sur un test appelé « Respiragene ». Ces travaux ont en effet démontré que certaines personnes sont porteuses de marqueurs ADN (voir encart ‘les SNP’ ci-contre) qui les rendent plus vulnérables à cette pathologie, l’idée a germé de proposer un calcul personnalisé du risque en combinant analyse génétique et données médicales du patient.

Les SNP

Les marqueurs ADN en question sont appelés des SNP (pour Single Nucleotide Polymorphisms) c’est à dire des variations (ou polymorphismes) d’une seule paire de base du génome, entre individus d’une même espèce. Parmi les millions de SNP contenus dans le génome humain, certains SNP bien spécifiques ont été liés au développement de certaines maladies. La présence de ces SNP donne une indication sur la susceptibilité à ces maladies. Les SNP eux-mêmes ne causent pas nécessairement la maladie mais servent de marqueurs biologiques qui en présence des certains facteurs environnementaux peuvent servir a évaluer le risque encouru par une personne de développer une maladie précise. Le test en « Respiragene » mesure les SNP liés au risque de développer le cancer des poumons.

Parmi les fumeurs, certaines personnes ont plus de risque de développer un cancer des poumons a cause principalement de leurs gènes, d’où l’intérêt d’identifier les individus les plus vulnérables. A cet effet, la classification retenue par les inventeurs de « Respiragene » permet de ranger les personnes en trois catégories : risque modéré, élevé ou très élevé (voir graphique ci-dessous).

Le test est très simple d’utilisation, il suffit de frotter un bâtonnet à l’intérieur de la joue et d’envoyer le prélèvement dans un laboratoire où les résultats sont interprétés au regard de certains renseignements fournis par le patient âge, éventuelles bronchites chroniques ou emphysème (une maladie des alvéoles pulmonaires qui crée une gêne respiratoire) et antécédents de cancers du poumon dans la famille. Aussi curieux que cela puisse paraître la quantité de cigarettes fumées n’est pas prise en compte :

« nos recherches n’ont pas montré de différence dans les résultats entre quelqu’un qui fume 10 cigarettes par jour ou 20 »,

justifie Steve Markscheid, responsable de la communication chez Synergenz Bioscience.

Si le test n’est pas interdit aux personnes n’ayant jamais fumé, l’intérêt pour elles de s’y soumettre est néanmoins très limité car, explique Steve Markscheid,

« le risque est très mince pour un non-fumeur de développer un cancer du poumon.
En revanche, il a pour intérêt de mettre les fumeurs en face d’une évaluation concrète de ce qu’ils risquent en continuant de fumer, eux qui, selon des études, ont tendance à croire avec optimisme que la maladie les épargnera ».

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Contacté par Le Figaro, le Dr Bruno Housset, président de la Fédération française de pneumologie, juge l’innovation « tout à fait intéressante », bien qu’il lui semble encore prématuré de la proposer au grand public.

« Leurs recherches montrent que le test aboutit à beaucoup de « faux positifs » (des personnes qui sont classées dans une catégorie de risque supérieure à la réalité).
On risque donc de générer une angoisse inutile chez ces gens. Par ailleurs, on manque de recul pour connaître le pouvoir dissuasif de ce test chez les fumeurs. Combien vont vraiment arrêter une fois le résultat connu ? Enfin, les recherches génétiques ont été effectuées sur des Néo-Zélandais, qui, bien que de type «caucasien», ont certainement un patrimoine génétique très différent du nôtre ».

Le test « Respiragene » est produit par la société Synergenz BioScience Ltd, liée à l’Université d’Auckland. Le test a été présenté en Nouvelle-Zélande début juin, où il peut déjà être acheté au prix de 275 dollars néo-zélandais (125 euros environ). Il devrait être disponible mondialement vers la fin de l’année.

Source : Lefigaro.fr
synergenz.com

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