Un nouveau traitement pour le cancer, un espoir pour la maladie de Niemann-Pick

cellules-cancereusesIl existe dans nos cellules une protéine particulière, nommée HSP 70 (pour Heat Shock Protein 70), qui garantit la bonne conformation des protéines de la cellule, et les aide à se protéger des stress externes (dû à la chaleur ou aux produits chimiques toxiques). Dans de nombreux cancers, les cellules tumorales produisent cette protéine qui dans ce cas de figure protège les cellules cancéreuses. Des chercheurs danois de l’Institut de Lutte contre le Cancer ont trouvé un moyen d’empêcher la protéine de fonctionner dans les cellules cancéreuses. Cette découverte ouvre de nouvelles perspectives dans la lutte contre le cancer, mais aussi dans la lutte contre la maladie de Niemann-Pick. Les résultats ont été publiés dans le journal scientifique Nature1.

Quand des cellules normales sont endommagées et qu'elles ne peuvent pas être soignées, elles meurent : c'est l'apoptose. Les cellules cancéreuses ne meurent pas et continuent de se développer (wikipedia).

Quand des cellules normales sont endommagées et qu'elles ne peuvent pas être soignées, elles meurent : c'est l'apoptose. Les cellules cancéreuses ne meurent pas et continuent de se développer (wikipedia).

Apoptose

La mort cellulaire est un élément naturel de l’équilibre corporel. Cette mort, appelée apoptose, est initiée lorsque la cellule est inutile ou abimée, et est effectuée par une cellule voisine qui ingère la cellule mourante, ou par le système immunitaire. Par cette voie, le corps se déleste de cellules inutiles ou trop vieilles pour assurer leur fonction. Les cellules cancéreuses sont également des cellules inutiles, mais elles ne subissent pas d’apoptose. Le professeur Marja Jäättelä de l’Institut de Lutte contre le Cancer et son équipe de chercheurs ont cherché avec succès à identifier ce qui permettait aux cellules cancéreuses de survivre, et comment rétablir le mécanisme d’apoptose afin de traiter un cancer de la manière la plus efficace possible.

« Nous avons beaucoup de connaissances sur la protéine HSP70. Elle permet entre autres aux cellules cancéreuses de survivre. Or, nous avons identifié au niveau moléculaire le mécanisme par lequel cette protéine donne cette chance de survie. Avec cela, nous avons la possibilité d’empêcher l’action de cette protéine, et ainsi de rétablir la mort naturelle des cellules cancéreuses. Il s’agit d’une étape importante dans la compréhension des traitements envisageables et efficaces chez l’homme »

explique Thomas Kirkegaard Jensen, de l’Institut de Lutte contre le Cancer.

Un espoir pour la maladie de Niemann-Pick

Cette découverte engendre deux possibilités importantes. D’une part, elle permet d’envisager un mécanisme ciblé pour détruire les cellules cancéreuses. D’autre part, elle représente un espoir de traitement de la maladie de Niemann-Pick (les Types A et B). La maladie de Niemann-Pick est une maladie lysosomale (le lysosome étant un compartiment particulier de la cellule). Dans les types A et B de la maladie, un déficit d’une enzyme spécifique, la sphingomyelinase (ASM) fonctionne mal. Dans l’étude en question les chercheurs ont montré que la protéine HSP 70 stabilisait le lysosome en se fixant à un co-facteur de la sphingomyelinase. Cette stabilité du lysosome serait absente dans la maladie de Niemann-Pick. Les chercheurs ont réussi à corriger cette absence de stabilité grâce à l’emploi de protéines HSP 70 dites recombinantes. Cette découverte permet d’envisager le développement d’une thérapie, la première de ce genre.

Des expériences sur l’animal devraient permettre de comprendre le fonctionnement d’un tel traitement au niveau animal.

« La découverte du mécanisme moléculaire nous rapproche beaucoup des cliniques, et donc des patients. Ces nouvelles connaissances auront un impact fort sur le traitement des cancers, étant donné que 70% des cancers sont liés à la protéine HSP70. »

estime en effet Marja Jäättelä2.

Notes et références

  1. Hsp70 stabilizes lysosomes and reverts Niemann-Pick disease-associated lysosomal pathology. Thomas Kirkegaard, Anke G. Roth, Nikolaj H. T. Petersen, Ajay K. Mahalka, Ole Dines Olsen, Irina Moilanen, Alicja Zylicz, Jens Knudsen, Konrad Sandhoff, Christoph Arenz, Paavo K. J. Kinnunen, Jesper Nylandsted & Marja Jäättelä. Nature. []
  2. Source : http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/62702.htm. Crédit photo : Donna George, PhD, University of Pennsylvania School of Medicine []

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