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Clonage thérapeutique : des cellules souches embryonnaires humaines obtenues par clonage

Après des années de tentatives infructueuses à travers le monde, des chercheurs américains sont parvenus à créer des cellules souches embryonnaires humaines à partir de cellules de peau en recourant à une technique de clonage. Ces cellules – les seules capables de se différencier en n’importe quelles cellules de l’organisme – présentent un énorme potentiel thérapeutique pour des pathologies aussi diverses que la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, des pathologies cardiaques, des lésion de la moelle épinière.

Sans produire de clone, ces scientifiques ont démontré pour la première fois qu’il est possible de créer des cellules souches embryonnaires génétiquement identiques à la personne dont elles sont dérivées.
Les cellules souches embryonnaires sont les seules cellules capables de se différencier en tous type de cellules de l’organisme qui en compte 200 et de se multiplier sans limite, présentant ainsi un énorme potentiel thérapeutique.

Ces cellules sont particulièrement prometteuses pour traiter la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques, des pathologies cardiaques et des blessures à la moelle épinière.

Cette percée menée par Shoukhrat Mitalipov de la Oregon Health and Science University ( nord-est des Etats-Unis) intervient après un précédent succès pour convertir des cellules de peau de singe en cellules souches embryonnaires en 2007.
Les chercheurs ont eu recours à la technique du clonage. Cette technique consiste à utiliser le noyau des cellules de la peau, qui dans ce cas contenait l’ADN d’un nouveau-né de huit mois, pour le transférer dans des ovules humains provenant de donneurs. Les ovules ont produit des embryons à partir desquels les cellules souches embryonnaires ont été extraites.

« Les cellules souches obtenues par cette technique ont démontré leur capacité à se différencier comme des cellules souches embryonnaires normales en différents types de cellules: nerveuses, hépatiques et cardiaques »,

explique le Dr Mitalipov dont la recherche paraît dans la version en ligne de la revue américaine Cell1.

Pas encore de clonage humain

« De plus, comme ces cellules souches reprogrammées peuvent être obtenues à partir de matériau génétique du noyau d’un malade, il n’y a aucun problème de rejet des cellules implantées. Il reste cependant encore beaucoup de chemin à faire avant de développer des traitements sûrs et efficaces. Cette avancée représente un pas important dans la création de cellules souches embryonnaires pouvant être utilisées en médecine régénératrice. Un autre avantage de cette approche est qu’elle n’utilise pas d’embryons fertilisés pour obtenir des cellules souches, une technique qui soulève d’importantes questions éthiques puisque l’embryon est détruit »,

précise encore le Dr Mitalipov.

Depuis la naissance de la brebis Dolly en 1996 au Royaume-Uni (premier animal issu du clonage), les chercheurs ont cloné quelque 20 espèces dont des chèvres et des lapins, mais jamais de singes ou de primates dont la biologie de reproduction est plus complexe.

Cette dernière avancée n’ouvre pas pour autant la voie à un éventuel clonage humain, précise les chercheurs.

Bien que cette technique puisse être utilisée pour cloner des cellules souches (clonage thérapeutique), la même méthode ne permettrait à priori pas de produire avec succès des clones humains (clonage reproductif), selon ces chercheurs.

En effet, plusieurs années de recherche sur des singes n’a jamais permis de cloner ces primates avec ces technique et cela serait aussi probablement le cas avec des humains. Selon les chercheurs, la fragilité des cellules humaines comme le montre cette dernière recherche est un obstacle important qui empêcherait probablement le développement de clones. Les chercheurs devraient expliquer en détails pourquoi cela n’est pas possible dans une prochaine publication.

Ces précisions n’ont pas empêché les détracteurs du clonage de s’opposer vivement à cette recherche et son potentiel. La Conférence épiscopale catholique américaine (U.S. Conference of Catholic Bishops) s’est fendue d’un communiqué par la voix du Cardinal de Boston, Sean O’Malley :

« ces travaux seront utilisés par d’autres scientifiques cherchant à produire des enfants clonés comme copies d’autres personnes. Quel que soit l’objectif, le clonage humain traite les humains comme des produits, manufacturés selon les désirs d’autres personnes ».

Notes et références

  1. Masahito Tachibana, Paula Amato, Michelle Sparman, Nuria Marti Gutierrez, Rebecca Tippner-Hedges, Hong Ma, Eunju Kang, Alimujiang Fulati, Hyo-Sang Lee, Hathaitip Sritanaudomchai, Keith Masterson, Janine Larson, Deborah Eaton, Karen Sadler-Fredd, David Battaglia, David Lee, Diana Wu, Jeffrey Jensen, Phillip Patton, Sumita Gokhale, Richard L. Stouffer, Don Wolf, Shoukhrat Mitalipov. Human Embryonic Stem Cells Derived by Somatic Cell Nuclear Transfer. Cell. []

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