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Des cellules souches pour réparer le coeur après un infarctus

Dans le cadre d’un essai clinique, une cinquantaine de patients cardiaques se verront injecter directement dans le coeur leurs propres cellules souches, afin de régénérer leurs tissus abîmés par un infarctus.

Cet essai clinique vient d’obtenir les autorisations nécessaires de la part des autorités européennes. Il se déroulera en France, au Royaume Uni et à Singapour. En cas de résultats concluants, il pourrait être élargi ensuite à environ 150 patients -y compris cette fois aux Etats-Unis et au Canada-, et être applicable, à l’horizon 2019, à des centaines de milliers de malades chaque année dans le monde.

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Infarctus sévères

La technique s’adressera à des cas d’infarctus sévères, c’est-à-dire ayant entraîné d’importantes lésions, à ce jour irréparables, sur le muscle cardiaque, au point de mettre en cause à court ou moyen terme le pronostic vital. Il permettra également de proposer une alternative à la greffe de coeur.

Le procédé a en fait déjà été testé sur sept patients en 2002-2005, mais de manière « artisanale », dans des conditions difficilement transposables à des milliers de malades, a expliqué le Dr Philippe Hénon, médecin hématologue spécialiste des cellules souches et directeur scientifique de la start-up CellProthera, qui porte ce projet.

Des cellules souches obtenues à partir d’une simple prise de sang

A l’époque, le prélèvement des cellules souches durait plusieurs heures -une contrainte gênante, vu l’état de faiblesse des patients venant de subir un infarctus- et nécessitait une infrastructure complexe. Depuis, les responsables du projet ont imaginé un processus automatisé pour multiplier les cellules souches, obtenues à partir d’une simple prise de sang.

C’est cet automate, une sorte d’armoire-incubateur développé par CellProthera et dont six exemplaires ont été installés dans des centres de thérapie cellulaire à Nantes et Newcastle (Angleterre), qui doit faire l’objet de l’essai clinique.

Après neuf jours d’incubation dans l’appareil, le greffon, constitué des propres cellules souches du malade, sera injecté par le cardiologue directement dans la zone affectée du coeur, au moyen d’un cathéter dirigé à travers les artères, sous simple anesthésie locale.

La start-up, qui pour l’heure a levé 20 millions d’euros dont la moitié d’argent public, espère encore trouver 25 millions d’euros pour financer son développement. A terme, elle compte commercialiser les automates-incubateurs, mais surtout les kits à usage unique qui permettront, grâce à l’appareil, de produire les greffons.

Chaque kit pourrait être vendu aux alentours de 25.000 euros -prix envisagé pour la France-, montant à comparer à celui de tous les médicaments actuellement prescrits aux malades cardiaques, et aux 200.000 euros que coûte une transplantation, soulignent les dirigeants de l’entreprise (source AFP).

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