Les cellules souches pluripotentes induites pour soigner la dégénérescence maculaire

degenrescence-maculaireUne équipe internationale de chercheurs a réussi à redonner la vue à des rats de laboratoire souffrant de pathologie oculaire grâce l’utilisation de cellules similaires aux cellules souches. Ces recherches montrent le potentiel des thérapies basées sur les cellules souches pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge chez l’homme.

L’équipe dirigée par Dennis Clegg de l’université de Californie Santa Barbara (Etats-Unis) et Pete Coffey de la University College London(UCL) de Londres (Royaume Uni) ont présenté leurs travaux dans deux publications, l’une dans la revue en ligne PLoS One1 du 1er décembre et l’autre dans la revue Stem Cells2 dans le numéro du mois d’octobre.

Les scientifiques ont travaillé avec des rats porteurs d’une mutation qui causait rendait les animaux aveugles. La mutation engendrait un défaut des cellules épithéliales pigmentaires de la rétine conduisant à la mort des cellules photoréceptrices de l’oeil et la cécité qui en découle. Les chercheurs se sont servis cellules épithéliales pigmentaires de la rétine dérivées de cellules souches pluripotentes induites c’est à dire des cellules très semblables aux cellules souches embryonnaires qui peuvent être obtenues à partir de n’importe quelle cellule de notre organisme contournant ainsi la controverse qui entoure l’utilisation des cellules souches d’embryon. Les cellules sont dites pluripotentes car elle peuvent se transformer en presque toutes le cellules du corps humain.

Dans des expériences menées à Londres par Amanda Carr, les chercheurs ont trouvé que l’insertion de ces cellules épithéliales pigmentaires rétiniennes dérivées de cellules souches pluripotentes induites dans la rétine des rats, avant la dégénérescence des cellules photoréceptrices, évitait la perte de la vue. Les rats bénéficiant de la transplantation de cellules souches suivait les objets qui bougent de bien mieux que les rats non traités.

« Bien qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir nous pensons que nos résultats montrent le potentiel des thérapies basées sur les cellules souches pour traiter la dégénérescence maculaire liée à l’âge »,

déclare Sherry Hikita co-auteur de l’étude et directeur du laboratoire de biologie des cellules souches à l’université de Californie Santa Barbara.

Dave Buchholz, principal auteur de la publication dans Stem Cells, explique que le recours aux cellules souches induites provenant des patients eux-même évitent le rejet immunitaire qui pourrait survenir avec les cellules souches embryonnaires.

Selon Bucholz, les cellules épithéliales pigmentaires de la rétine sont essentielles à la vision. Sans ces cellules, les photorécepteurs cônes et bâtonnets meurent et c’est la cécité. C’est une progression simple de la dégénérescence maculaire liée à l’âge. L’espoir est qu’en transplantant des cellules épithéliales pigmentaires rétiniennes dérivées de cellules souches pluripotentes induites, les photorécepteurs vont rester en bon état et prévenir ainsi la perte de vision.

La rétine

La rétine est un tissu situé au fond de l’oeil dans lequel se forment les images (illustration). Elle se divise en deux parties : la rétine nerveuse constituée de plusieurs millions de cellules, les photorécepteurs qui fixent la lumière, et une couche plus mince, l’épithélium pigmentaire. Les photorécepteurs se divisent en deux types de cellules, les cônes et les bâtonnets (cone et rod en anglais, respectivement). Les cônes fonctionnent à la lumière du jour et permettent à notre oeil de distinguer les détails et de percevoir les couleurs. La partie centrale de la rétine ou fovéa est spécialisée dans cette perception des détails et est presque exclusivement constituée de cônes, tandis que tout le reste de la rétine, y compris la macula, est largement dominé par les bâtonnets. Ces derniers interviennent lorsque la lumière diminue ou dans des conditions de faible illumination. La vision périphérique quant à elle est médiée par les cônes en pleine lumière, et par les bâtonnets dans la pénombre.3

schema-oeil

Notes et références

  1. Protective Effects of Human iPS-Derived Retinal Pigment Epithelium Cell Transplantation in the Retinal Dystrophic Rat. Amanda-Jayne Carr, Anthony A. Vugler, Sherry T. Hikita, Jean M. Lawrence, Carlos Gias, Li Li Chen, David E. Buchholz, Ahmad Ahmado, Ma’ayan Semo, Matthew J. K. Smart1, Shazeen Hasan, Lyndon da Cruz, Lincoln V. Johnson, Dennis O. Clegg et Pete J. Coffey. PLoS One. doi:10.1371/journal.pone.0008152 []
  2. Derivation of Functional Retinal Pigmented Epithelium from Induced Pluripotent Stem Cells. David E. Buchholz, Sherry T. Hikita, Teisha J. Rowland, Amy M. Friedrich, Cassidy R. Hinman, Lincoln V. Johnson, Dennis O. Clegg. Stem Cells. Doi:10.1002/stem.189 []
  3. Source : orpha.net []

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