Comment mieux traiter l’infarctus du myocarde

crise-cardiaque-urgenceUne étude canadienne analyse comment mieux traiter les patients ayant subi un arrêt cardiaque. En effet, devant l’urgence d’un patient souffrant d’un infarctus du myocarde les médecins ont le choix entre deux traitements possibles : injecter un médicament pour dissoudre le caillot de sang (fibrinolyse ou thérapie fibrinolytique) ou insérer un petit ballon pour rouvrir l’artère bouchée (intervention coronarienne percutanée primaire ou ICP primaire). Les directives se basent généralement sur des données d’essais cliniques qui ne prennent pas en compte tous les impératifs de la « vraie vie ». L’étude menée par Thao Huynh de l’Université McGill (Canada), analyse ces différences et en dégage certaines solutions pour améliorer potentiellement ce type de traitement. Les résultats de l’étude ont été publiés dans le numéro du 23 juin de la revue Circulation.

Les signes d’alerte d’un infarctus du myocarde

– Gêne thoracique
– Sensation de gêne dans le cou, les mâchoires ou les bras (en particulier dans le bras gauche)
– Sensation d’essoufflement
– Nausées ou sueurs froides
– Sensation d’évanouissement
– Indigestion, non typique ou sans relation avec l’alimentation

Si vous-même ou quelqu’un autour de vous a ces signes d’alerte, appelez les secours. (Pour la France, le service régulateur du SAMU en composant le 15 ou les pompiers en appelant le 18.)

Cette étude a comparé les résultats de 23 essais contrôlés randomisés, réalisés dans des conditions expérimentales contrôlées, avec ceux de 32 études d’observation, basées sur des données hospitalières recueillies dans des conditions cliniques de routinières.

A court terme : les deux types d’études montrent la supériorité de ICP primaire sur la fibrinolyse pour réduire le risque de mortalité et de récidive d’infarctus du myocarde ou d’attaque cérébrale. Néanmoins cet avantage est beaucoup plus marqué dans les essais contrôlés randomisés où les délais qui affectent le traitement des patients par ICP primaire est plus court que dans les conditions cliniques de routine.

« En effet, ces résultats montrent que nous devons travailler à réduire les délais pour maximiser l’efficacité de l’ICP primaire, « 

explique le Dr Huynh.

« En matière de traitement des infarctus du myocarde, la réduction des délais de traitement est la première priorité. Il est également essentiel que les patients avec des symptômes d’infarctus du myocarde consultent un médecin rapidement. Dans le cas contraires les délais de traitement peuvent en être rallongés encore plus. »

Les essais contrôlés randomisés montrent que l’ICP primaire est également plus efficace à long terme pour prévenir la mortalité et la récidive d’arrêt cardiaque. Par contre ce bénéfice à long terme n’est pas confirmé par les études d’observation où les patients sont traités dans des conditions cliniques de routine.

« Le bénéfice de l’ICP primaire pourrait être perdu à long terme si les patients ne reçoivent pas un traitement médical optimal à leur sortie de l’hôpital. Ces médicaments sont indispensables pour empêcher les récidives,  »

déplore le Dr Huynh.


Référence :
Article :
Comparison of Primary Percutaneous Coronary Intervention and Fibrinolytic Therapy in ST-Segment-Elevation Myocardial Infarction: Bayesian Hierarchical Meta-Analyses of Randomized Controlled Trials and Observational Studies
Auteurs : Thao Huynh, Stephane Perron, Jennifer O’Loughlin, Lawrence Joseph, Michel Labrecque, Jack V. Tu et Pierre Théroux
Journal de publication : Circulation
doi:10.1161/CIRCULATIONAHA.108.793745

Source : EurekAlert

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