Une consommation modérée d’alcool réduit le risque de maladies cardiovasculaires

Une consommation d’alcool, avec modération, a un effet protecteur contre les maladies cardiovasculaires selon deux études canadiennes. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont passé en revue les études des 30 dernières années sur le sujet. Ils vont même plus loin an affirmant que les campagnes de santé publique devraient être revues.

Les deux études sont publiées dans la revue médical britannique British Medical Journal. Une première étude1 montre que les consommateurs modérés ont 14 à 25% de risques en moins d’être victimes de maladies cardiovasculaires par rapport aux personnes qui ne boivent jamais d’alcool. La seconde étude2, réalisée par le même groupe de recherche canadien, montre que la consommation modérée d’alcool améliore un certain nombre de marqueurs biologiques associés à une bonne santé cardiaque comme par exemple le taux de « bon » cholestérol.

Pendant de nombreuses années, des études ont suggéré que la consommation d’alcool avec modération avait certains effets bénéfiques sur la santé. Les scientifiques de l’Université de Calgary au Canada ont ainsi fait la synthèse de 84 études faites entre 1980 et 2009. Les résultats montrent que le risque de mortalité associée à une maladie cardiovasculaire était plus faible pour des consommations modérées d’alcool, c’est-à-dire une consommation de 2.5 à 14.9g d’alcool pur par jour ou en unités d’alcool (UA), entre 1/4 et 1.5 UA par jour. Une unité d’alcool selon l’OMS contient 10g d’alcool pur cela représente par exemple un verre de vin à 12° (10cl) ou un demi de bière à 5° (25cl).
Une consommation régulière et modérée d’alcool peut réduire l’incidence des maladies cardiovasculaires jusqu’à 25%, selon les chercheurs. Le risque est par contre considérablement augmenté avec une consommation plus élevée d’alcool.

« Notre étude montre que la consommation d’une à deux boissons alcoolisées serait favorable à la santé »,

commente le professeur William Ghali de l’Université de Calgary qui a dirigé l’étude.

« Mais c’est une pente potentiellement très glissante, notamment avec les problèmes sociaux et la cirrhose alcoolique du foie, mais lorsqu’on regarde la mortalité dans sa globalité, cancers et accidents inclus, elle baisse avec la consommation d’alcool, »

ajoute-t-il.

Les chercheurs estiment que ces effets seraient dus à l’alcool lui-même plutôt qu’à tout autre composants de la boisson.

La seconde étude, qui est une synthèse de 44 études antérieures, suggère qu’une consommation, pouvant aller jusqu’à 15 g d’alcool par jour pour les femmes ou 30g pour les hommes, augmente les taux sanguins d’HDL (le bon cholestérol), d’adiponectine et d’apolipoprotéine. Ces marqueurs biologiques sont associés une bonne santé cardiaque. Et cela est valable pour tous types d’alcool, écrivent les chercheurs.

Le groupe de recherche estime que les gouvernements devraient revoir les messages de santé publique en faveur d’une consommation modérée d’alcool. Le professeur reconnait néanmoins qu’une telle campagne serait controversé :

« Il ne fait aucun doute qu’une telle campagne de santé publique serait controversée Nous avons besoin de méditer sur la façon dont un médecin parle à un patient et la façon dont le gouvernement parle au peuple ».

Il est important de préciser que ce n’est évidemment pas une raison pour commencer à boire et des résultats similaires peuvent être obtenus par l’activité physique et une alimentation saine et équilibrée.

Notes et références


  1. Association of alcohol consumption with selected cardiovascular disease outcomes: a systematic review and meta-analysis. Paul E Ronksley, Susan E Brien, Barbara J Turner, Kenneth J Mukamal, William A Ghali. British Medical Journal 2011; 342:d671 doi: 10.1136/bmj.d671 []
  2. Effect of alcohol consumption on biological markers associated with risk of coronary heart disease: systematic review and meta-analysis of interventional studies. Susan E Brien, Paul E Ronksley, Barbara J Turner, Kenneth J Mukamal, William A Ghali. British Medical Journal 2011; 342:d636 doi: 10.1136/bmj.d636 []

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