Des chercheurs réparent le gène défectueux de la myopathie de Duchenne

© Inserm, UMR147/Inserm

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Des chercheurs de l’Université Laval au Canada1 viennent de démontrer qu’il est possible de réparer le gène défectueux qui cause la dystrophie musculaire de Duchenne. L’équipe dirigée par le professeur Jacques Tremblay présente cette nouvelle approche thérapeutique dans un article publié dans l’édition en ligne de la revue scientifique Gene Therapy datée du 15 avril2.

La myopathie de Duchenne est une maladie héréditaire provoquée par des mutations du gène de la dystrophine entraînant la production de protéines de dystrophine tronquées, incapables de remplir leur fonction. Il s’agit d’une forme sévère de dystrophie musculaire récessive liée au chromosome X qui se caractérise par une dégénérescence rapide du tissu musculaire conduisant à terme à une perte de mobilité et à la mort. Touchant à la naissance 1 garçon sur 3 500, cette affection est la dystrophie musculaire la plus répandue.

L’équipe du professeur Tremblay s’est associée à Cellectis, une firme française spécialisée dans l’ingénierie des génomes, dans le but de concevoir des enzymes – appelées méganucléases – capables de reconnaître et d’extraire les régions mutées du génome des personnes atteintes de dystrophie de Duchenne.

Jacques Tremblay et son équipe se sont servis d’un vecteur spécifique (plasmide) codant pour la micro-dystrophine canine, dans lequel ont été insérées des séquences de gènes contenant une cible de méganucléases et modifiant le cadre de lecture du gène de la dystrophine. Il faut donc un événement génétique spécifique pour restaurer l’expression d’une protéine active. Les résultats publiés montrent que l’expression de méganucléases restaure efficacement l’expression de la protéine de micro-dystrophine, que ce soit in vitro (cellules 293FT et myoblastes humains) ou in vivo (muscles des membres antérieurs de souris Rag/mdx, un modèle de myopathie de Duchenne). L’analyse des myoblastes humains par amplification en chaîne par polymérase (PCR) a montré que les méganucléases étaient capables de modifier un nombre suffisant de gènes de la micro-dystrophine pour envisager d’appliquer cette approche aux patients.

« Même s’il nous faudra encore des années de recherche pour obtenir les applications cliniques des méganucléases dans le traitement de la myopathie de Duchenne, nous pensons que ces données apportent la preuve de principe d’une potentielle approche thérapeutique du traitement de cette maladie invalidante et de bon nombres d’autres affections héréditaires »,

a déclaré Jacques Tremblay, de l’Unité de génétique humaine du CHUL.

« Nous entrons dans une nouvelle ère de la thérapie du gène avec ces outils de chirurgie de l’ADN que sont les méganucléases. La nouvelle cible génétique proposée par l’équipe du Professeur Tremblay s’inscrit dans l’un des objectifs thérapeutiques affichés par l’AFM et Cellectis. Le chemin vers l’évaluation clinique de cette stratégie est encore long mais l’effort collaboratif que nous avons entrepris y est entièrement consacré»,

a déclaré Serge Braun, directeur scientifique de l’AFM (Association Française contre les Myopathies). L’AFM est un partenaire majeur du développement des thérapies innovantes pour les maladies rares, notamment les myopathies.

Notes et références

  1. Des chercheurs issus de la Faculté de médecine de l’Université Laval et du Centre de recherche du CHUQ qui est une composante du Centre hospitalier universitaire de Québec et est affilié à l’Université Laval. []
  2. Meganucleases can restore the reading frame of a mutated dystrophin. P Chapdelaine, C Pichavant, J Rousseau, F Pâques & J P Tremblay. Gene Therapy []

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